Kinshasa : 73 km de rocades inspectés, avec un échangeur à 3 niveaux à Mitendi pour fluidifier la RN1

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Kinshasa a besoin d’air. Rocades de Kinshasa, 73 km de linéaire inspecté et des engins qui tournent jour et nuit : à Mitendi, le nouveau ministre des Infrastructures John Banza Lunda a pris la mesure d’un chantier censé délester les grands axes et reconnecter les périphéries à l’économie quotidienne de la capitale. Sur place, l’ACGT détaille l’itinéraire, les fronts ouverts et les priorités de sécurité routière. Au PK13 de la rocade Sud-Ouest, les talus sont fixés, la couche de roulement démarre, tandis que sur l’avenue Tourisme, CREC-9 bétonne sous encadrement de l’ACGT, avec l’appui du génie militaire pour stabiliser les berges fragiles. Ces étapes ont été confirmées lors de la descente ministérielle du 14 août.

Ce qui avance déjà, ce qui reste à faire

Le projet de ceinture n’est pas sorti de nulle part. Il a été lancé le 22 juin 2024 à Mitendi comme premier volet visible de la révision du partenariat Sicomines. À l’époque, les autorités ont présenté une première phase structurée en deux tronçons : 21,38 km pour la Sud-Ouest (de Lutendele/Mbudi à Mitendi) et 41,54 km pour la Sud-Est (de Mitendi à l’avenue Ndjoku—jonction avec le boulevard Lumumba). Objectif : créer une voie rapide de contournement, limiter les bouchons chroniques et mieux distribuer les flux vers la RN1 et l’Est de la ville.

Un point mérite d’être clarifié pour les lecteurs : les “73 km” évoqués lors de l’inspection correspondent au linéaire parcouru et suivi sur le terrain, tandis que les longueurs détaillées au lancement additionnent environ 63 km pour la phase en cours. C’est l’un des angles morts de la communication publique qu’il faudra suivre dans les prochains mois pour apprécier l’étendue réelle des sections livrables.

Au-delà du ruban de bitume, la pièce maîtresse s’esquisse à Mitendi : un échangeur à trois niveaux destiné à croiser les deux rocades et la RN1 sans conflits de trafic. L’ouvrage a été présenté au ministre pendant la visite, signe que la géométrie du nœud de circulation est désormais arbitrée — une condition pour tenir un phasage crédible des mises en service partielles.

Sur l’avenue Tourisme, le choix du béton répond aux contraintes de portance et de durabilité sur une zone en pente, où l’érosion a déjà grignoté l’emprise routière. La séquence est classique : décaissement, fondations, coffrage et bétonnage, puis stabilisation des talus pour éviter les glissements à la prochaine saison des pluies. L’ACGT vise un bouclage de ce front avant la rentrée, ce qui donnerait un premier gain de confort de circulation à l’échelle locale, en attendant l’ouverture des grands maillons.

Le financement suit la même logique que la relance du programme sino-congolais : après rééquilibrage de la convention avec le groupement chinois, l’enveloppe “infrastructures” annoncée a été rehaussée de 3,2 à 7 milliards USD, avec l’engagement d’en faire bénéficier des projets structurants, dont les rocades. Cet ancrage financier explique le retour des grands constructeurs chinois (COVEC, CREC-9) aux côtés des équipes locales.

L’intérêt pour la vie quotidienne est immédiat. Sur Ndjoku, la lutte anti-érosive protège déjà la plateforme. À Kikimi et Mikondo, la couche de fondation se met en place : ce sont des segments souvent ignorés, mais ils déterminent la tenue dans le temps, surtout sur des sols à faible cohésion. Chaque portion livrée soulagera un micro-bassin de trafic, avant l’effet réseau attendu quand les jonctions s’ouvriront.

L’angle économique est tout aussi lisible : une rocade fluide réduit les coûts de transport des marchandises, raccourcit les trajets domicile-travail et baisse l’usure des véhicules. Sur un axe comme boulevard Lumumba, saturé aux heures de pointe, détourner une fraction des flux par une voie périphérique peut dégager des minutes… puis des heures par semaine à l’échelle d’un ménage. C’est ce type de gains dispersés qui finit par compter pour les marchés et l’emploi de proximité.

Reste l’essentiel : tenir le calendrier et la qualité. Les images de talutage net et de bétonnage propre sont encourageantes, mais la capitale connaît des cycles de pluies agressifs. Sans drainage performant, les fissures et ravinements reviendront. La présence du génie militaire sur les stabilisations est un signal : le maître d’ouvrage sait que la protection des pentes est le vrai test, moins visible que l’asphalte mais décisif pour la durabilité.

Un dernier mot sur la méthode : publier régulièrement un tableau d’avancement par tronçon (mètres linéaires traités, dalots posés, remblais achevés, % de chaussée ouverte) aiderait à renforcer la confiance du public et des riverains affectés par les expropriations. L’ACGT a déjà communiqué sur des visites techniques au printemps ; transformer ces séquences en indicateurs mensuels rendrait l’effort plus lisible pour tous.

Chapeau SEO : Rocades de Kinshasa, inspection ministérielle à Mitendi, PK13, CREC-9 et COVEC, échangeur trois niveaux, longueurs 21,38 km et 41,54 km, financement Sicomines révisé à 7 milliards USD — cap sur une ceinture urbaine pensée pour désengorger la capitale.

— M. KOSI

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