Le journaliste congolais Mitterrand Masamuna, secrétaire de rédaction au média économique Zoom Eco.net et rédacteur en chef de Lepoint.cd, a été violemment agressé dans la nuit du mardi 11 au mercredi 12 février 2025 par un groupe d’individus se présentant comme membres de « Forces du progrès », une mouvance proche de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), parti présidentiel du chef de l’État Félix-Antoine Tshisekedi.
Selon le témoignage de la victime, l’incident s’est produit alors qu’il rentrait de son lieu de travail. « Un groupe d’environ dix personnes m’a encerclé. La seule question qu’on m’a posée était : Pourquoi tu ne mènes pas d’enquêtes sur les intérêts économiques de la famille Kabila, mais tu t’attaques à ceux de la famille Tshisekedi ? », a confié Mitterrand Masamuna à la presse.
Sans autre forme de procès, les assaillants auraient ensuite commencé à le frapper avant de lui dérober son téléphone portable et son ordinateur, outils essentiels à son activité journalistique.
Cette agression survient dans un climat tendu pour les journalistes en République démocratique du Congo. Mitterrand Masamuna affirme avoir reçu plusieurs menaces anonymes via les réseaux sociaux dans les semaines précédant l’attaque, en raison de ses analyses critiques sur la gouvernance économique du pays.
Il avait notamment publié des articles sensibles sur l’influence croissante de membres de la famille du président Tshisekedi dans la province du Lualaba, un fief stratégique pour le secteur minier congolais.
Ce n’est pas la première fois que cette question fait l’objet de tensions. Des médias internationaux tels qu’Africa Intelligence, Jeune Afrique et d’autres plateformes d’investigation ont également soulevé des interrogations sur les liens entre le pouvoir en place et certaines affaires économiques dans le sud du pays.
Cet incident soulève de vives inquiétudes quant à la situation de la liberté de la presse en RDC. Bien que le pays ait enregistré des avancées ces dernières années en matière de pluralisme médiatique, les agressions contre des professionnels des médias persistent, souvent dans l’impunité.
Selon les derniers rapports de Reporters Sans Frontières (RSF), la RDC reste un pays à haut risque pour les journalistes, notamment ceux qui enquêtent sur la corruption, les affaires économiques ou les abus de pouvoir.
Les organisations de défense des droits de l’homme et les associations de journalistes ont condamné l’agression de Mitterrand Masamuna et appelé les autorités à diligenter une enquête indépendante pour identifier et sanctionner les auteurs de cet acte.
En attendant, Mitterrand Masamuna, choqué mais sain et sauf, affirme qu’il ne se laissera pas intimider et qu’il poursuivra son travail d’information. Son agression rappelle l’urgence d’un engagement fort des autorités congolaises pour faire respecter la liberté de la presse, pierre angulaire de toute société démocratique.
Manasse Kitemoko


