Le 24 avril 2025, au Centre culturel et artistique pour les pays d’Afrique centrale à Kinshasa, le président Félix Tshisekedi a lancé les travaux d’élaboration d’une nouvelle politique salariale pour les agents publics de l’État. Cette initiative vise à corriger les déséquilibres persistants dans la fonction publique congolaise, où certains ministères bénéficient de ressources importantes tandis que d’autres, tout aussi essentiels, demeurent relégués au second plan avec des salaires modestes.
Le président a souligné la nécessité d’une grille salariale unique, transparente et accessible à tous, prenant en compte le grade, l’ancienneté et les responsabilités assumées. Il a insisté sur le fait que cette réforme devra garantir une rémunération juste, fondée sur les efforts fournis et les qualifications détenues, sans favoritisme entre institutions .
Pour soutenir cette réforme, le vice-premier ministre en charge de la Fonction publique, Jean-Pierre Lihau, a annoncé le lancement, dès le mois prochain, d’un processus de contrôle de tous les agents publics. Cette opération vise à assainir les effectifs et garantir une redistribution juste et soutenable des rémunérations. Selon lui, « l’argent pour doubler voire tripler les salaires proviendra de cette opération ».
Fidèle Kiyangi, président de l’Intersyndical national de l’administration publique, a salué cette initiative, la qualifiant de première dans l’histoire du pays depuis son accession à l’indépendance. Il a toutefois rappelé certaines promesses non tenues, notamment le non-paiement du salaire de base de 200 dollars destiné aux huissiers depuis 2021, ces derniers ne percevant encore que l’équivalent de 80 dollars.
Cette réforme salariale s’inscrit dans une volonté plus large de moderniser la fonction publique congolaise et de renforcer la justice sociale au sein de l’administration. Elle représente un défi important pour le gouvernement, qui devra concilier les aspirations des agents publics avec les contraintes budgétaires de l’État.
— M. MATUVOVANGA


