Une initiative prometteuse dans le secteur minier a récemment été présentée à Kinshasa. Jeudi dernier, le directeur général de la société Buenasa a rencontré le ministre du Portefeuille pour discuter d’un projet de raffinerie de cuivre et de cobalt. Cette proposition industrielle, qui s’inscrit dans la dynamique de valorisation locale des minerais, pourrait offrir une impulsion économique significative à la République Démocratique du Congo.
Eddy Kioni, fondateur et directeur général de Buenasa, a expliqué que « l’objectif de cette rencontre était d’obtenir le soutien du ministre pour cette raffinerie, un projet ambitieux qui nécessite des approvisionnements sécurisés en minerais et un partenariat solide avec l’État. » Il s’agit d’une entreprise de grande envergure, tant par la nature des infrastructures à mettre en place que par les investissements nécessaires. Les chiffres exacts du financement n’ont pas encore été communiqués, mais une telle raffinerie pourrait nécessiter plusieurs centaines de millions de dollars.

Le soutien de l’État congolais est donc un élément clé pour garantir la réussite de ce projet. D’une part, l’approvisionnement en matières premières telles que le cuivre et le cobalt doit être sécurisé. D’autre part, la vision de Buenasa est d’accompagner le pays dans la transformation locale de ses ressources naturelles, un pilier essentiel pour le développement économique de la RDC. La société entend faire de cette raffinerie un levier important pour maximiser la valeur ajoutée de ces minerais, qui représentent déjà une part importante des exportations nationales.
En appui à cette démarche, « Buenasa souhaite participer à la concrétisation de la vision du Chef de l’État pour la valorisation des ressources naturelles et l’industrialisation du pays, » a ajouté Eddy Kioni. Le projet s’inscrit dans une perspective de développement à long terme, avec des retombées économiques qui pourraient bénéficier à plusieurs secteurs, notamment celui de l’emploi. À titre d’exemple, une telle raffinerie pourrait créer plusieurs centaines d’emplois directs et indirects, renforçant ainsi l’économie locale.
Le ministre Jean Lucien Bussa a exprimé son soutien à cette initiative en insistant sur le fait que son mandat est placé sous le signe de la relance des entreprises publiques. Son objectif est d’assurer la « production durable et compétitive des ressources locales afin de faire du secteur minier un moteur du développement économique et social d’ici 2026. » Dans cette optique, la mise en place d’infrastructures comme la raffinerie de Buenasa pourrait devenir un exemple de réussite à suivre.
La RDC, qui détient environ 70 % des réserves mondiales de cobalt, voit dans ce type de projet une opportunité de devenir un acteur incontournable sur le marché mondial des minerais stratégiques. Si la raffinerie voit le jour, elle pourrait augmenter considérablement la capacité de traitement du pays, contribuant ainsi à réduire la dépendance aux exportations brutes de minerais.
En conclusion, cette nouvelle initiative minière marque une étape importante dans la stratégie industrielle du pays. Les autorités congolaises sont conscientes de l’importance de renforcer la chaîne de valeur autour du cuivre et du cobalt, des minerais essentiels pour les technologies du futur, comme les batteries pour véhicules électriques. L’avenir de ce projet dépendra, toutefois, du soutien continu de l’État et de la capacité de la société Buenasa à mobiliser les investissements nécessaires.
Par Peter MOYI





