Alors que la course mondiale aux métaux critiques s’intensifie, le projet de raffinerie de cuivre et de cobalt porté par Buenassa en République Démocratique du Congo (RDC) franchit des étapes structurelles décisives dignes d’être suivies de près. Loin d’une simple recherche de financements, ce programme industriel de 2 milliards de dollars suit une feuille de route rigoureuse, privilégiant une approche intégrée et une autonomie stratégique accrue.
Une stratégie de formation de capital en phase d’exécution
Dans le cadre de son déploiement, Buenassa a fait le choix, il y a plus de six mois, d’internaliser son ingénierie financière afin de garantir une maîtrise totale de sa structure de capital. Le recrutement de Wesley Davis, expert reconnu de la finance de projet et ancien Senior Vice President chez Delphos International, s’inscrit précisément dans cette volonté de pilotage direct.
Cette phase d’exécution budgétaire vise à boucler l’enveloppe de 60 millions de dollars nécessaire à la préparation complète du projet. La structuration financière repose sur un ancrage local solide : la Rawbank est d’ores et déjà positionnée comme arrangeur et conseiller transactionnel (Transactional Advisor) pour Buenassa. Dans ce schéma, l’appui potentiel des agences américaines (3,5 M$ via l’USTDA et 5 M$ via la DFC tels qu’annoncés par nos confrères d’Africa Intelligence dans leur dernière parution sur Buenassa) intervient en complément du premier effort déjà consenti par le Gouvernement de la RDC via le Fonds de Promotion de l’Industrie (FPI), lequel a injecté 3,5 millions USD sous forme de subvention d’utilité publique.
Le projet Chemaf : Un impératif social et géostratégique
La viabilité d’une raffinerie repose intrinsèquement sur la sécurité de son approvisionnement. À cet égard, Buenassa déploie une stratégie itérative dont le point d’orgue est l’expression d’intérêt formelle adressée aux propriétaires de Chemaf, avec notification au Gouvernement congolais.
Plus qu’une simple transaction commerciale, ce projet d’acquisition répond à une urgence nationale.
Chemaf, aujourd’hui en détresse financière, porte la responsabilité de plus de 3 000 emplois directs. Pour Buenassa, l’enjeu est de sauvegarder l’actif de Mutoshi, désormais sanctuarisé au sein de la réserve des actifs stratégiques dans le cadre de l’accord de Washington entre les USA et la RDC. Cette dimension confère au projet une importance capitale dans le cadre du partenariat sécuritaire et économique entre Kinshasa et Washington, justifiant la participation d’acteurs américains dans le tour de table de l’acquisition.
Cette ambition souveraine bénéficie du positionnement stratégique de la banque panafricaine UBA, qui a rejoint le projet avec comme premier focus le volet de l’acquisition de Chemaf afin de faciliter une intégration verticale du projet de raffinerie de Buenassa. Ce socle financier, mené par la Rawbank et soutenu par stratégiquement UBA, pourrait être élargi à d’autres institutions locales et régionales manifestant un intérêt pour ce pôle industriel majeur, témoignage d’un éveil africain et d’une adhésion à la vision de souveraineté économique portée par l’État congolais.
Un calendrier maîtrisé, une vision pérennisée
L’intégration verticale permettra d’alimenter une production annuelle de 120 000 tonnes de cathodes de cuivre (produit principal) et 20 000 tonnes de cobalt métal (Possiblement jusqu’à 100.000 tonnes de sulfate de cobalt) . Si l’horizon opérationnel est désormais projeté à 2030-2031, ce recalibrage reflète la maturité d’un cycle de développement industriel en voie de sécurisation.
L’implication de l’État congolais — actionnaire à hauteur de 10 % via Buenassa Resources SA — confirme que le projet est une priorité de souveraineté à long terme. En s’appuyant sur une ingénierie financière de standard international, des partenaires bancaires de premier plan et un soutien stratégique de l’Etat congolais, Buenassa s’impose comme l’architecte d’une chaîne de valeur pérenne, pilier de la nouvelle économie des minérais critiques au sein de la ceinture de cuivre africaine .
— Peter MOYI

