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Le rapport de la Banque mondiale révèle 104 milliards de dollars de revenus carbone

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En 2023, les revenus issus de la tarification du carbone ont atteint un sommet inédit de 104 milliards de dollars, selon le rapport annuel « State and Trends of Carbon Pricing » de la Banque mondiale. Ce rapport, qui évalue les instruments de tarification du carbone en vigueur dans 75 juridictions à travers le monde, révèle que plus de la moitié de ces recettes ont été allouées à des initiatives de lutte contre le changement climatique et de protection de l’environnement.

Axel van Trotsenburg, directeur général senior de la Banque mondiale, souligne l’importance croissante de ces instruments : « Les instruments de tarification du carbone s’avèrent être parmi les outils les plus efficaces pour inciter les pays à réduire leurs émissions. Leur extension à de nouveaux secteurs et leur intégration avec d’autres mesures est une évolution positive. Ce rapport offre aux décideurs une meilleure compréhension des mécanismes efficaces et de l’importance d’augmenter le prix du carbone ainsi que la couverture des instruments pour réduire les émissions.« 

Depuis près de vingt ans, la Banque mondiale suit l’évolution des marchés du carbone, et cette dernière étude représente la onzième édition de ce rapport annuel. À ses débuts, les taxes sur le carbone et les systèmes d’échange de quotas d’émission ne couvraient que 7 % des émissions mondiales. Aujourd’hui, ce chiffre a grimpé à 24 %.

Le rapport met en lumière des avancées significatives dans des économies émergentes telles que le Brésil, l’Inde, le Chili, la Colombie et la Turquie. Si les secteurs traditionnels de l’énergie et de l’industrie restent les principaux concernés par ces instruments, un intérêt croissant se manifeste dans des secteurs comme l’aviation, le transport maritime et la gestion des déchets.

L’Union européenne, avec son mécanisme d’ajustement carbone aux frontières actuellement en phase transitoire, incite les États à fixer un prix du carbone dans des secteurs tels que l’acier, l’aluminium, le ciment, les engrais et l’électricité.

En outre, les gouvernements adoptent de plus en plus des systèmes de crédits carbone, attirant ainsi davantage de financements via les marchés volontaires et facilitant la participation aux marchés réglementés internationaux.

Cependant, malgré ces revenus records et une expansion notable, les niveaux mondiaux des prix du carbone et l’étendue des instruments de tarification demeurent insuffisants pour atteindre les objectifs fixés par l’Accord de Paris. Actuellement, moins de 1 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre sont soumises à un prix direct sur le carbone conforme à la fourchette recommandée par la Commission de haut niveau sur les prix du carbone pour limiter le réchauffement climatique bien en dessous de 2 °C. Le rapport appelle à une volonté politique beaucoup plus forte pour combler le fossé entre les engagements climatiques des pays et les actions concrètes mises en œuvre.

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