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Les recettes publiques dépassent les attentes : un mois d’avril sous le signe de la performance fiscale

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En avril 2025, les caisses publiques congolaises ont enregistré une collecte de recettes bien au-delà des projections budgétaires. À l’issue de la clôture provisoire des opérations financières, les régies financières de l’État ont engrangé 4.043,5 milliards de francs congolais (soit environ 1,4 milliard de dollars américains au taux indicatif de la Banque centrale), dépassant de près de 100 milliards les prévisions mensuelles arrêtées dans le plan de trésorerie.

Ce bond s’explique principalement par l’encaissement de l’impôt sur les bénéfices et profits liés à l’exercice fiscal 2024. Ce flux ponctuel, souvent concentré autour de cette période de l’année, a offert un appui de taille aux recettes nationales.

La Direction Générale des Impôts (DGI) reste, sans surprise, le principal pourvoyeur des finances publiques avec une contribution de 3.058,6 milliards CDF, soit près de 76 % des recettes totales du mois. Elle est suivie de la Direction Générale des Douanes et Accises (DGDA), qui a mobilisé 553,1 milliards CDF, et de la Direction Générale des Recettes Administratives, Judiciaires, Domaniales et de Participations (DGRAD) avec 431,9 milliards CDF.

Comparées aux prévisions de recettes établies à 3.943,3 milliards CDF pour ce mois, les résultats traduisent un excédent d’environ 100 milliards. Ce dépassement reste modéré mais notable dans un contexte économique où les marges budgétaires sont généralement serrées.

Côté dépenses, les services du Trésor ont déboursé 3.281,9 milliards CDF. Une large part, équivalente à 1.455,1 milliards CDF, a été consacrée à la rémunération du personnel de l’administration publique. Viennent ensuite les frais de fonctionnement des institutions à hauteur de 778 milliards, et les allocations aux ministères, ainsi que les subventions et rétrocessions, estimées à 178,1 milliards.

Si l’on compare ces dépenses aux crédits arrêtés pour le mois (3.514 milliards CDF), on observe un taux d’exécution de l’ordre de 93 %. Cet écart pourrait traduire soit une exécution partielle de certaines lignes budgétaires, soit un recentrage des décaissements sur les urgences salariales et institutionnelles.

Dans un environnement économique encore contraint, cette performance mensuelle permet de respirer, mais elle soulève également des questions de durabilité. Le paiement concentré d’un impôt annuel peut artificiellement gonfler les chiffres d’un mois sans refléter une tendance stable. Il faudra donc observer les recettes des mois suivants pour déterminer si cette embellie fiscale marque un véritable redressement structurel ou s’il ne s’agit que d’un pic saisonnier.

— M. MASAMUNA

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