Les Forces armées de la République démocratique du Congo ont retiré leurs éléments du site minier de Kisankala, dans le territoire de Lubudi. Cette opération applique la directive présidentielle ordonnant la fin de la présence illégale des militaires et policiers dans les zones d’exploitation minière.
Le retrait a été supervisé samedi 18 juillet 2026 par le commandant de la 22ᵉ région militaire, le général de brigade Eddy Kapend, en mission dans la province du Lualaba. Kisankala constitue le premier site concerné par cette opération, appelée à s’étendre progressivement à d’autres zones minières de la province.
Cette décision applique les instructions données par Félix Tshisekedi lors du Conseil des ministres du 10 juillet. Le Président de la République avait ordonné l’arrêt immédiat et définitif de toute présence irrégulière des forces de défense et de sécurité dans les sites miniers du pays.
Les FARDC recentrées sur la défense du territoire
Pour Eddy Kapend, l’armée doit se consacrer à ses missions constitutionnelles, notamment la défense de l’intégrité territoriale et la protection de la population. Les différends liés aux titres miniers, aux limites des concessions, à l’exploitation artisanale ou aux relations entre opérateurs doivent être traités par les administrations, les juridictions et les services miniers compétents.
Le commandant de la 22ᵉ région militaire a également demandé aux entreprises et aux autres acteurs du secteur de ne plus solliciter les militaires pour protéger des intérêts privés ou intervenir dans des conflits commerciaux. Cette pratique détourne les forces armées de leurs fonctions et peut créer des rapports de force irréguliers entre les parties impliquées dans un litige minier.
La mesure concerne aussi la Police nationale congolaise lorsque sa présence sur un site ne repose pas sur une mission légalement établie. Le retrait ne signifie pas la disparition de toute sécurité autour des installations minières. Il vise à replacer chaque intervention dans le cadre des compétences reconnues aux services publics chargés de la protection des personnes, des biens et des activités économiques.
Une mesure liée à la gouvernance minière
Dans le Lualaba, où se concentrent plusieurs grandes exploitations de cuivre et de cobalt, la présence de militaires dans les sites peut alimenter des accusations d’ingérence, de trafic d’influence ou de protection d’intérêts particuliers. Le retrait ordonné par le chef de l’État cherche à séparer les responsabilités militaires de la gestion administrative et commerciale du secteur extractif.
Les opérateurs sont désormais invités à recourir aux procédures administratives, judiciaires et minières pour résoudre leurs différends. Cette orientation doit renforcer la responsabilité des services compétents et limiter l’utilisation des armes ou de l’autorité militaire comme moyen de pression dans les conflits d’exploitation.
Après Kisankala, la poursuite de l’opération dans les autres sites du Lualaba permettra d’évaluer l’application de la directive présidentielle et le retour effectif des militaires à leurs unités.
— J. KAKESA









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