La province du Kongo Central s’apprête à accueillir un nouveau projet minier d’envergure. La société japonaise Asia Mineral Limited (AML), classée septième au rang mondial des exportateurs de manganèse, s’est vue confier l’exploitation de gisements situés dans le territoire de Luozi. Une avancée stratégique pour l’économie congolaise.
Présenté en conseil des ministres par Kizito Pakabomba, ministre des Mines, ce projet marque un virage dans la politique de diversification des ressources minières et des partenaires étrangers opérant en République démocratique du Congo. L’État mise désormais sur un élargissement géographique de l’activité minière, dépassant les zones traditionnelles pour intégrer des territoires jusqu’ici peu exploités.
AML prévoit de lancer la phase exploratoire le 21 mai 2025, avec un objectif de deux millions de tonnes de manganèse extraites chaque année. Cette estimation positionne déjà le projet parmi les plus ambitieux du pays dans ce segment. Les investissements initiaux, bien que non encore détaillés publiquement, incluent à la fois les activités de prospection, les premières installations industrielles et les démarches pour l’obtention des autorisations locales.
En misant sur le manganèse, la RDC cherche à équilibrer son portefeuille minier dominé par le cuivre et le cobalt. Ce métal, essentiel dans la fabrication d’aciers spéciaux et de batteries, suscite un intérêt croissant dans le contexte de la transition énergétique mondiale. Selon les dernières projections de la Banque mondiale, la demande mondiale de manganèse devrait croître de près de 9 % par an d’ici 2030, portée notamment par le secteur automobile.
Le ministre a souligné que ce projet représente une opportunité de développement local dans une région longtemps écartée des grands flux miniers. Il s’agit également d’un test pour la nouvelle politique de décentralisation de l’activité extractive, censée favoriser une meilleure répartition des retombées économiques. L’implication de partenaires asiatiques dans des provinces périphériques traduit aussi un rééquilibrage des relations stratégiques autrefois très concentrées sur des acteurs chinois dans le Haut-Katanga et le Lualaba.
Pour que cette initiative prospère, Kizito Pakabomba a exhorté le Gouvernement à faciliter les procédures administratives, à renforcer l’appui institutionnel, et à veiller à la fluidité des partenariats techniques. Un appel qui résonne comme un rappel : l’efficacité administrative est désormais une condition clé de l’attractivité minière.
Ce projet, s’il est mené à terme dans les conditions annoncées, pourrait générer des milliers d’emplois directs et indirects, améliorer les infrastructures locales et offrir une nouvelle source de recettes fiscales pour le Trésor public. La mise en place d’un cadre de suivi rigoureux s’annonce toutefois indispensable pour éviter les écueils constatés dans d’autres projets miniers.
— M. MASAMUNA


