À la DRC Mining Week 2026, la Fédération des entreprises du Congo a appelé la RDC à dépasser le modèle d’exportation des minerais bruts. Le patronat plaide pour plus de transformation locale, d’énergie disponible, de sécurité juridique et de compétences congolaises.
La Fédération des entreprises du Congo veut voir la RDC tirer davantage de valeur de ses minerais. Lors de la 21e édition de la DRC Mining Week, organisée du 17 au 19 juin 2026 à Lubumbashi, le patronat congolais a défendu une orientation claire : faire passer le pays d’un simple producteur de minerais à une économie capable de transformer localement une partie de ses ressources.
Porté par la Chambre des Mines et la direction de la FEC, ce message intervient dans un contexte où la demande mondiale en minerais critiques reste forte, notamment pour le cuivre, le cobalt et les autres métaux liés à la transition énergétique. Pour la FEC, cette position stratégique ne suffit plus si la RDC continue à exporter l’essentiel de sa production sans développer des chaînes industrielles locales.

Le Premier vice-président national de la FEC, Ambroise Tshiyoyo, représentant le président national Robert Malumba, a rappelé le poids du secteur minier congolais. Il a notamment évoqué un potentiel minier estimé à près de 24 000 milliards USD. Ce chiffre, présenté comme une estimation, illustre l’ampleur des ressources disponibles, mais il pose aussi la question centrale de leur transformation en revenus, emplois et infrastructures.
Selon les données citées par la FEC, la RDC a produit près de 100 015 tonnes de cobalt en 2025, soit entre 73 % et 76 % de l’offre mondiale. Le pays a aussi produit environ 3 485 269 tonnes de cuivre, ce qui confirme sa place parmi les grands producteurs mondiaux. Ces volumes montrent la force du secteur extractif, mais ils ne garantissent pas à eux seuls une industrialisation durable.
Énergie, fiscalité et compétences au cœur du débat minier
La FEC estime que l’avenir du secteur ne doit plus seulement se mesurer aux tonnes extraites. Il doit aussi se mesurer à la valeur créée sur place, aux emplois qualifiés, aux entreprises congolaises intégrées dans la chaîne minière et aux compétences transférées.
Dans cette logique, la Chambre des Mines met en avant quatre défis : transformer davantage les minerais localement, résoudre le problème de l’énergie, améliorer le climat des affaires et renforcer le capital humain. L’énergie reste un point sensible, car sans électricité stable et suffisante, la transformation industrielle devient difficile et coûteuse. Cela limite la capacité du pays à passer de l’extraction à la production de biens à plus forte valeur.
Le climat des affaires constitue un autre point de vigilance. Les investisseurs ont besoin d’un cadre fiscal, juridique et réglementaire prévisible. Pour les entreprises locales, cette stabilité permet aussi de mieux planifier leurs investissements, d’accéder aux marchés miniers et de se conformer aux exigences du secteur.
La FEC insiste aussi sur la formation d’une main-d’œuvre congolaise qualifiée. Ce point est important, car la transformation locale ne peut pas avancer sans techniciens, ingénieurs, fiscalistes, logisticiens, sous-traitants et entrepreneurs capables de répondre aux standards de l’industrie minière.
Le débat ouvert à Lubumbashi rappelle donc une réalité économique majeure : la RDC dispose de ressources importantes, mais la vraie bataille se joue dans la capacité à transformer ces minerais en industrie, en emplois durables et en revenus mieux captés par l’économie nationale.
— Joldie KAKESA









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