Le Vice-Premier ministre de l’Économie nationale, Daniel Mukoko Samba, a reçu Hervé François Otschudi Omanga, représentant pays de Trafigura en RDC. Les discussions ont porté sur les investissements privés, les infrastructures énergétiques et logistiques, les capacités de stockage ainsi que la transformation locale, des domaines où le négociant international dispose déjà de plusieurs engagements liés aux minerais congolais.
La rencontre a permis au Gouvernement et à Trafigura d’examiner les possibilités d’investissement susceptibles d’accompagner l’augmentation de la production locale et l’amélioration des infrastructures nécessaires à l’économie congolaise. La communication transmise mentionne notamment l’énergie, la logistique, le stockage et la transformation sur place des matières premières, sans annoncer à ce stade un nouveau contrat ou un montant d’investissement.
Ces discussions interviennent alors que Trafigura possède déjà une présence importante dans les chaînes logistiques des métaux congolais. Le groupe est actionnaire, avec Mota-Engil et Vecturis, du Lobito Atlantic Railway, qui exploite sous concession la ligne ferroviaire angolaise reliant le port de Lobito à Luau, à la frontière congolaise. Le corridor se prolonge ensuite sur environ 450 kilomètres jusqu’à Kolwezi, dans le bassin cuprifère de la RDC.
En février 2026, Trafigura et l’Entreprise Générale du Cobalt avaient annoncé une première opération de transport de cuivre et de cobalt congolais vers les marchés internationaux via cette voie. Le consortium ferroviaire a également obtenu 753 millions USD de financements auprès de la U.S. International Development Finance Corporation et de la Development Bank of Southern Africa pour poursuivre la réhabilitation et l’extension de ses infrastructures.
Le stockage et la transformation locale s’ajoutent à la logistique
L’intérêt des discussions autour de la transformation locale tient également à un autre dossier récent de Trafigura en RDC. En mai, le négociant, EGC et l’américain EVelution Energy ont signé un protocole destiné à préparer une chaîne d’approvisionnement de cobalt entre la RDC et les États-Unis. Trafigura doit y assurer des services de logistique et de commercialisation. Les partenaires prévoient parallèlement d’étudier le développement de capacités de raffinage du cobalt en RDC ainsi que des programmes de formation technique.
Cette orientation rejoint l’objectif défendu par les autorités congolaises de capter une part plus importante de la valeur générée par les minerais avant leur exportation. Pour un négociant comme Trafigura, la question ne concerne donc plus uniquement l’achat et le transport des matières premières, mais également les infrastructures permettant de sécuriser leur stockage, leur acheminement et, potentiellement, certaines étapes supplémentaires de traitement industriel.
Le volet énergétique mérite néanmoins d’être suivi séparément. Trafigura s’est retiré récemment d’un projet de ligne électrique de 2 000 MW qui devait transporter de l’hydroélectricité angolaise vers les régions minières de RDC et de Zambie. Reuters a rapporté le 15 juillet que le projet restait en négociation avec d’autres partenaires, tandis que deux autres lignes privées vers la RDC, totalisant jusqu’à 2 200 MW, continuaient d’être développées par d’autres investisseurs.
Pour Kinshasa, l’enjeu de la nouvelle discussion avec Trafigura sera donc de convertir les échanges sur l’énergie, le stockage, la logistique et la transformation en projets identifiables, assortis de financements et de calendriers d’exécution. Les prochains accords permettront surtout de mesurer quelle part des investissements envisagés sera effectivement réalisée en RDC et quelle capacité industrielle supplémentaire elle apportera au pays.
— Peter MOYI









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