À Kinshasa, le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) a rappelé mardi que l’inclusion financière ne devait plus se limiter à l’accès au crédit. À travers le projet ACTIF II, lancé en partenariat avec l’Ambassade de Suède et le gouvernement congolais, l’institution onusienne propose d’en faire un mécanisme de transformation sociale et environnementale capable de renforcer la résilience économique du pays.
Selon Mme Nelly Kankolongo, envoyée spéciale du PNUD, la performance d’une institution financière ne se mesure pas uniquement au volume de ses prêts ou à ses taux de remboursement. Elle se juge désormais à sa capacité d’intégrer les impératifs environnementaux et sociaux dans ses pratiques de gouvernance et ses produits. Cette approche place la RDC dans une dynamique de finance durable, indispensable dans un contexte marqué par l’instabilité climatique et la fragilité des économies dépendantes des matières premières.
Vers une finance qui consolide la croissance
Le projet ACTIF II ambitionne de dépasser la logique traditionnelle du crédit pour orienter les capitaux vers des investissements à impact. Concrètement, cela signifie des financements qui réduisent la précarité, soutiennent l’emploi des jeunes et des femmes et garantissent une meilleure gestion des externalités environnementales.
Pour le secteur bancaire et les institutions de microfinance, ce virage représente un enjeu structurel : aligner leur rentabilité avec des critères de durabilité. Dans un pays où près de 70 % de la population adulte reste exclue du système bancaire formel Source:BanquecentraleduCongo,2024Source : Banque centrale du Congo, 2024, l’intégration de normes sociales et environnementales pourrait non seulement élargir la base de clients mais aussi limiter les risques systémiques.
Mme Kankolongo a insisté sur le fait que l’éthique, la transparence et le respect des droits humains deviennent des conditions incontournables pour attirer des financements internationaux, dans un marché global où les investisseurs institutionnels privilégient de plus en plus les critères ESG (Environnement, Social, Gouvernance).
En remerciant la Suède pour son appui constant, le PNUD et le gouvernement congolais réaffirment ainsi leur volonté de placer la finance inclusive au cœur des politiques publiques, avec l’ambition de transformer un secteur souvent perçu comme fragile en levier de croissance et de stabilité.
— Peter MOYI

