La réhabilitation de la route nationale 4, reliant le Grand Kivu, l’Ituri, le Haut-Uélé et la Tshopo, demeure l’un des chantiers les plus sensibles de la République démocratique du Congo. Présenté comme un corridor stratégique pour le ravitaillement en carburant et produits alimentaires jusqu’à Kinshasa, ce projet accuse des lenteurs préoccupantes malgré un financement déjà engagé par le Trésor public.
Retards techniques et dérives dans l’exécution des travaux

En inspectant plusieurs points critiques, le ministre des Infrastructures John Banza a constaté un décalage notable entre les fonds débloqués et l’avancement réel des travaux. Au PK 17+67, un dalot de 4 x 4 mètres et un double canal d’évacuation ont été posés pour renforcer la résistance aux crues, mais d’autres ouvrages avancent difficilement. Le pont Kangenge a été démoli il y a un mois pour reconstruction, tandis que le pont Batchebo reste bloqué par la mise en place tardive d’une base vie.
Ces retards traduisent, selon le ministre, un non-respect des engagements contractuels des entreprises chinoises mandatées. L’État a déjà mobilisé une première tranche de financement, mais la cadence reste insuffisante, ce qui soulève un problème de gestion des flux financiers et de respect des délais.
Par ailleurs, le ministre a dénoncé des conditions de travail jugées indignes pour les ouvriers congolais, un facteur susceptible d’alimenter des tensions sociales sur un chantier considéré comme prioritaire pour la connectivité nationale.
La visite s’est terminée à l’usine de concassage du PK 33, fournisseur des matériaux nécessaires à la réhabilitation. Une réunion de suivi à Kinshasa a été annoncée pour recadrer le projet, avec l’engagement d’un contrôle renforcé sur l’utilisation des fonds et la qualité des infrastructures livrées.
En filigrane, cette descente illustre la volonté du Président Félix Tshisekedi et du gouvernement dirigé par Judith Suminwa de transformer la RN4 en un corridor logistique crédible. Mais sans correction rapide des retards, le pays risque d’accumuler un surcoût budgétaire et de retarder encore l’intégration économique entre l’Est et l’Ouest du territoire.
— M. KOSI

