Réunis le 15 mai 2025 en visioconférence, les membres du Comité Opérationnel National du Programme de Développement Local des 145 Territoires (PDL-145T) ont fait le point sur les obstacles structurels qui ralentissent la cadence du projet. À la manœuvre, le vice-premier ministre en charge du Plan et de la Coordination de l’Action du Gouvernement, Guylain Nyembo, n’a pas mâché ses mots : « Le principal frein à une mise en œuvre efficiente du PDL-145T demeure le déficit de financement. »
Lancé en grande pompe comme le socle du développement rural équitable, le PDL-145T entre dans une phase de consolidation stratégique. Pourtant, à l’heure d’évaluer les avancées concrètes, l’unanimité se fait sur un point : sans ressources suffisantes, la volonté politique ne suffit pas.
Alors que le gouvernement avait prévu d’allouer près de 1,6 milliard USD sur trois ans pour revitaliser les territoires à travers la réhabilitation d’écoles, de centres de santé et la construction de routes agricoles, les décaissements effectifs restent inférieurs aux prévisions. Selon une source au sein du ministère des Finances, à peine 41 % des fonds prévus pour l’exercice 2024 ont été effectivement transférés aux agences d’exécution, dont le PNUD, le BCECO et le FONER.
Cette lenteur financière met à mal le calendrier initial. Plusieurs routes de desserte agricole, censées désenclaver les zones rurales et fluidifier l’accès aux marchés, n’ont toujours pas vu le jour. Et dans certaines provinces, des infrastructures à moitié construites témoignent d’une exécution en pointillés.

Face à ce constat, Guylain Nyembo a exhorté les ministères sectoriels et les partenaires techniques à « convenir de mécanismes efficaces » pour sécuriser les ressources nécessaires. En ligne de mire : l’idée de réviser le cadre de financement du programme, en associant davantage les exécutifs provinciaux et en misant sur des outils innovants comme les partenariats public-privé (PPP) ou les fonds catalytiques internationaux.
Dans le même ordre d’idée, des pistes évoquées lors de cette réunion suggèrent une éventuelle réallocation budgétaire en faveur des projets à fort impact local, notamment dans les domaines de l’irrigation, de l’électrification rurale et de la connectivité numérique.
Malgré les retards et les incertitudes, le programme continue d’être présenté comme le pilier d’un nouvel équilibre territorial. Le VPM a rappelé que le gouvernement reste engagé à « faire du développement local une réalité tangible et durable ».
Mais pour franchir un cap décisif, il faudra conjuguer volonté politique, rigueur budgétaire et transparence dans la chaîne d’exécution. Autrement, le risque est grand de voir le PDL-145T devenir une ambition freinée par des blocages prévisibles, alors qu’il incarne l’une des rares tentatives à grande échelle de répondre aux inégalités régionales en RDC.
— Peter MOYI


