En 2025, la RDC a vendu aux États-Unis près de 2 milliards USD de produits, alors qu’elle y a acheté environ 200 millions USD. Cela crée un excédent commercial très élevé : le pays exporte beaucoup plus qu’il n’importe, avec un rapport proche de 10 pour 1, et un niveau annoncé comme près de 20 fois supérieur à celui de 2024.
Cette hausse s’explique d’abord par le cuivre, qui pèse à lui seul près de 1,8 milliard USD d’exportations vers Washington. Les hydrocarbures suivent, avec un peu plus de 100 millions USD. La Commission économique des Nations unies pour l’Afrique (CEA) cite aussi une demande américaine forte en matières premières et des « effets de détournement du commerce », c’est-à-dire des flux qui changent de route quand certains marchés deviennent plus attractifs ou plus accessibles.
La RDC profite aussi depuis 2020 de conditions douanières favorables grâce à l’AGOA, un dispositif américain qui permet à des pays africains éligibles d’exporter vers les États-Unis sans payer certaines taxes à l’entrée. Avec ces avantages, la balance commerciale congolaise reste excédentaire chaque année, et 2025 marque une accélération nette.
Corridor de Lobito, Chine, prix du cuivre : ce qui peut pousser les volumes en 2026
Un autre élément clé apparaît fin 2025 : l’accord économique signé entre Washington et Kinshasa en décembre. L’idée est de rediriger vers le marché américain une partie des minerais qui partaient surtout vers la Chine, en s’appuyant sur le corridor de Lobito. Pour les analystes, cela peut élargir les débouchés de la RDC et limiter la dépendance à un seul grand acheteur, alors que la Chine absorbe actuellement plus de 90 % de la production congolaise de cuivre.
Le mouvement est déjà décrit comme concret : une première cargaison de cuivre et de cobalt vers les États-Unis est annoncée « en route ». Le contexte de prix joue aussi : le cuivre dépasse 15 500 dollars la tonne en janvier 2026, après une hausse de 40 % en 2025. Selon les analystes, les exportations pourraient encore augmenter de 10 à 15 % en 2026, portées par la demande américaine et le maintien des avantages de l’AGOA.
— M. KOSI

