Le ministre d’État congolais en charge de l’Agriculture et de la Sécurité alimentaire, Muhindo Nzangi, a échangé avec son homologue israélien Avi Dichter lors d’une visite de travail dans le sud d’Israël, selon un communiqué consulté vendredi. Au centre des discussions, un projet de coopération axé sur le transfert de technologies agricoles, surtout l’irrigation de précision, la gestion intelligente de l’eau et l’amélioration des rendements. La rencontre s’est tenue à la ferme d’Arava, présentée comme un site de référence pour l’agriculture en milieu aride.
Derrière ce dossier agricole, l’enjeu est aussi économique. Dans un pays où l’alimentation pèse lourd dans le panier des ménages, tout ce qui touche à la production locale peut peser sur l’évolution des prix. Et donc, indirectement, sur un objectif que surveille de près la politique monétaire, limiter la hausse du coût de la vie.
La sécurité alimentaire, un paramètre qui finit par compter pour la stabilité monétaire
Le communiqué indique que les deux ministres ont discuté du « renforcement de la coopération agricole bilatérale » et du « partage d’expériences » face à trois défis mis en avant, la sécurité alimentaire, la gestion durable de l’eau et la modernisation des systèmes agricoles. Une voie est évoquée, la signature, dans un délai jugé raisonnable, d’un protocole d’accord pour accélérer le transfert de technologies vers la RDC.
Les domaines cités sont très concrets. L’irrigation de précision vise à apporter l’eau au bon endroit et au bon moment, en quantité mesurée. La gestion intelligente de l’eau consiste à mieux suivre les besoins des cultures et l’état des sols pour réduire les pertes et le gaspillage. L’optimisation des rendements, elle, renvoie à l’idée de produire plus sur la même surface, avec des techniques et des intrants mieux maîtrisés.
Sur le papier, ce type d’outils répond à un problème simple, produire de façon plus régulière malgré une météo moins prévisible. Et si la production locale augmente, l’effet attendu est aussi lisible pour le consommateur, plus d’offre peut contribuer à calmer la pression sur les prix des denrées. C’est un sujet économique, car la flambée des prix alimentaires nourrit souvent l’inflation ressentie, celle qui se voit au marché et qui réduit le pouvoir d’achat.
La visite congolaise s’est déroulée au cœur de la ferme d’Arava, dans une région décrite comme une référence internationale pour les technologies agricoles adaptées à des conditions climatiques extrêmes. Le texte cite l’Arava International Center for Agriculture comme un centre d’expertise, présenté comme un levier pour accompagner la transformation de l’agriculture congolaise, surtout dans les zones confrontées à la variabilité climatique.
Le communiqué précise aussi qu’un programme d’échange d’expertises est envisagé dans le cadre de la vision de souveraineté alimentaire portée par le gouvernement congolais. L’objectif affiché est d’adapter des modèles de culture développés en zone désertique aux réalités congolaises, avec l’idée d’améliorer la productivité, la résilience des exploitations et la disponibilité des denrées alimentaires.
Dernier volet, l’investissement. Les deux ministres se sont accordés sur la facilitation de visites techniques d’entrepreneurs et d’investisseurs israéliens en RDC. Ces missions visent à identifier des solutions agricoles « prêtes à l’emploi », adaptées aux régions arides et semi-arides du pays, et à explorer des opportunités d’investissements structurants dans le secteur.
Dans une lecture économique, ces discussions touchent à plusieurs canaux. La capacité à produire localement peut réduire la dépendance à certains approvisionnements extérieurs, ce qui limite la vulnérabilité aux chocs de prix venus de l’international. Elle peut aussi stabiliser l’offre sur le marché intérieur, un facteur qui pèse sur l’évolution des prix. À l’inverse, l’efficacité réelle dépendra du contenu du protocole annoncé, des projets retenus, de la formation, du financement et de la capacité à déployer des solutions au-delà des sites pilotes.
Le communiqué présente cette étape comme un nouveau cap de coopération entre Kinshasa et Jérusalem, fondé sur l’innovation, le transfert de compétences et l’investissement productif, avec une ambition affichée, renforcer durablement la sécurité alimentaire et soutenir le développement agricole.
— Joldie KAKESA

