Le Trésor public organise ce mardi 28 juillet 2026 deux adjudications sur le marché financier intérieur. L’État cherche à mobiliser 50 milliards de CDF au moyen de Bons du Trésor indexés et 40 millions USD par une émission obligataire à deux ans.
L’émission en monnaie nationale porte sur des Bons du Trésor indexés d’une durée de douze mois. Les investisseurs devaient transmettre leurs offres à la Banque centrale du Congo avant midi, tandis que l’annonce des résultats était programmée avant 15 heures. Le règlement interviendra le 30 juillet 2026 et le remboursement est prévu le 29 juillet 2027.
Le montant de 50 milliards de CDF représente l’objectif annoncé et non une somme déjà levée. Le ministère des Finances peut retenir un montant inférieur lorsque les conditions proposées par les investisseurs sont jugées insatisfaisantes. Le coût effectif de l’emprunt dépendra donc des offres reçues et du montant finalement accepté.
Deux émissions pour mobiliser des ressources en CDF et en USD
En parallèle, le Gouvernement propose des Obligations du Trésor libellées en dollar américain pour 40 millions USD. Ces titres offrent un taux annuel de 8 % et une maturité de deux ans, jusqu’au 28 juillet 2028. Le principal sera remboursé tous les six mois, tandis que les intérêts seront payés quatre fois par année. Le règlement de cette opération est fixé au 31 juillet 2026.
Les deux opérations s’inscrivent dans le calendrier indicatif du troisième trimestre 2026. Celui-ci prévoit quatre adjudications de Bons du Trésor indexés en monnaie nationale, pour un montant cumulé de 300 milliards de CDF. Le programme en devises comprend six émissions et vise une mobilisation totale de 400 millions USD entre juillet et septembre.
Le recours simultané aux deux monnaies permet au Trésor de solliciter deux catégories de liquidités présentes dans le système bancaire. Les titres en CDF participent au développement du financement de l’État en monnaie nationale, tandis que les obligations en USD correspondent davantage à la structure fortement dollarisée des ressources bancaires congolaises.
Les dépôts bancaires restent largement dominés par les devises
À fin juin 2026, les dépôts en monnaie nationale représentaient 11,7 % de l’encours total des dépôts bancaires, contre 12,1 % à fin mai, selon la Banque centrale du Congo. Cette proportion indique que près de neuf dixièmes des dépôts restent constitués en devises.
Cette configuration peut limiter les ressources que les banques sont disposées à immobiliser dans des titres publics libellés en CDF. Même lorsque le taux de change reste relativement stable, les investisseurs prennent en compte le rendement proposé, l’inflation, la durée du placement et le risque de dépréciation de la monnaie nationale.
La demande récente pour les titres en USD montre un contraste. Lors de l’adjudication du 14 juillet 2026, le Trésor avait annoncé une émission de 60 millions USD à 8 %. Quatre soumissionnaires avaient proposé 80,861 millions USD, soit un taux de couverture de 134,77 %. Le ministère avait finalement accepté la totalité des offres.
Les résultats de l’adjudication de 50 milliards de CDF permettront ainsi de mesurer l’appétit des investisseurs pour une émission en monnaie nationale, face à un marché où les ressources bancaires demeurent principalement détenues en devises.
— M. MASAMUNA









Votre avis compte
Une precision, un chiffre a corriger, une experience terrain ou une question utile ? Votre commentaire peut enrichir le debat economique.