Le Gouvernement et la CADECO ont signé le 14 août 2026 un protocole d’accord pour étendre la paie de proximité aux agents publics vivant dans les zones rurales et faiblement bancarisées. L’État veut s’appuyer sur un réseau présent dans 25 des 26 provinces et annoncé comme couvrant 85 % du territoire administratif ciblé.
Le vice-Premier ministre chargé de la Fonction publique, Jean-Pierre Lihau, et le directeur général de la Caisse générale d’épargne du Congo, Célestin Mukeba Muntuabu, ont formalisé à Kinshasa un partenariat destiné à réduire la distance entre les fonctionnaires et leurs points de paiement. Le protocole transforme en dispositif opérationnel des discussions engagées dès janvier entre la Fonction publique et la CADECO sur la prise en charge des agents affectés dans les zones non couvertes par le réseau bancaire classique.
Le principal avantage recherché réside dans l’implantation territoriale de la CADECO. Selon les informations communiquées lors de la signature, l’institution est présente dans 25 provinces sur 26 et le Gouvernement évoque un taux d’implantation de 85 % à travers les 145 territoires du pays. Cette couverture doit permettre de rapprocher les services de paiement des fonctionnaires qui, dans certaines localités, doivent encore parcourir de longues distances pour percevoir leur rémunération.
Des guichets appelés à se déplacer vers les bénéficiaires
Le mécanisme prévu ne repose pas uniquement sur les agences permanentes. Le protocole prévoit également des guichets de proximité capables de se déplacer vers les bénéficiaires dans les zones où les banques commerciales ne disposent pas d’infrastructures suffisantes. Célestin Mukeba Muntuabu estime que la CADECO peut assurer cette mission en s’appuyant notamment sur son expérience dans la mobilisation des fonds du Trésor à travers le pays.
Cette organisation cherche à corriger une limite persistante de la bancarisation de la paie publique. Le versement sur un compte ne suffit pas toujours à garantir un accès effectif au salaire lorsque l’agent réside loin d’une agence, d’un distributeur ou d’un autre point permettant de retirer les fonds. Dans ces situations, le coût du transport et le temps consacré au déplacement peuvent réduire l’avantage attendu de la bancarisation.
La Fonction publique explorait d’ailleurs depuis janvier plusieurs solutions pour les zones non bancarisées, dont le recours à la CADECO et au mobile money. La signature du 14 août donne désormais un cadre spécifique à l’intervention de la caisse publique dans la paie de proximité.
L’exécution devra mesurer la réduction réelle des distances de paiement
Le protocole constitue cependant le point de départ du dispositif et non la preuve que tous les fonctionnaires concernés disposent déjà d’un point de paiement proche de leur lieu d’affectation. Les résultats devront être évalués à travers le nombre de territoires effectivement couverts, les agents pris en charge, la régularité de la paie et la réduction des déplacements nécessaires pour retirer les salaires.
Pour l’État, l’enjeu dépasse ainsi la seule distribution des rémunérations. Une couverture plus large peut améliorer l’accès au système financier dans des zones où l’offre bancaire reste limitée et réduire certains coûts supportés directement par les agents publics.
La prochaine étape sera donc le déploiement effectif des guichets annoncés et l’intégration progressive des agents concernés. C’est sur cette couverture réelle, territoire par territoire, que pourra être mesurée l’efficacité de l’accord signé entre la Fonction publique et la CADECO.
— J. KAKESA









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