La République démocratique du Congo poursuit sa stratégie de diversification de ses partenaires financiers. Réuni le 26 juin dernier, le Conseil des ministres a adopté la proposition d’adhésion du pays à la Banque asiatique d’investissement dans les infrastructures (BAII), une institution multilatérale qui dispose d’un capital autorisé de 100 milliards de dollars destiné au financement des grands projets d’infrastructures.
Présentée par le ministre des Infrastructures et Travaux publics, John Banza, cette initiative vise à offrir à la RDC un nouvel accès aux financements internationaux, alors que le pays fait face à d’importants besoins dans les secteurs des routes, des transports, de l’énergie, de l’eau, du numérique et de la logistique.
Pour le gouvernement, l’enjeu dépasse la simple adhésion à une nouvelle banque de développement. Il s’agit d’élargir les sources de financement disponibles afin d’accélérer la réalisation des infrastructures nécessaires à la croissance économique et à l’intégration du territoire national.
Créée en 2016, la Banque asiatique d’investissement dans les infrastructures réunit aujourd’hui plus d’une centaine de pays membres. Son modèle repose sur le financement de projets d’infrastructures durables en partenariat avec les États, les banques de développement et les investisseurs privés.
Pour la RDC, cette adhésion pourrait permettre de compléter les financements déjà mobilisés auprès de la Banque mondiale, de la Banque africaine de développement (BAD), de la Banque européenne d’investissement (BEI) ou encore de la Banque de développement des États d’Afrique centrale (BDEAC). Cette diversification constitue un levier important pour réduire les contraintes de financement auxquelles sont confrontés plusieurs projets structurants.
L’adhésion intervient dans un contexte où le gouvernement multiplie les investissements dans les infrastructures de transport afin de soutenir la transformation économique du pays. Plusieurs chantiers sont actuellement en cours, notamment sur les corridors routiers, ferroviaires et logistiques destinés à améliorer la connectivité entre les provinces, faciliter les échanges commerciaux et accompagner le développement des secteurs minier, agricole et industriel.
Au-delà de l’aspect financier, cette décision possède également une dimension géoéconomique. Principal actionnaire de la BAII, la Chine occupe une place centrale au sein de cette institution, devenue au fil des années un acteur majeur du financement des infrastructures dans les économies émergentes. Pour la RDC, rejoindre cette banque revient aussi à élargir son réseau de partenaires stratégiques dans un contexte de forte concurrence internationale autour du financement des infrastructures et des chaînes d’approvisionnement.
L’accès à de nouveaux financements ne constitue toutefois qu’une première étape. La capacité de la RDC à préparer des projets techniquement solides, à renforcer la gouvernance des investissements publics et à assurer une exécution efficace des infrastructures sera déterminante pour transformer ces opportunités de financement en réalisations concrètes au service du développement économique.
— M. KOSI









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