Le Fonds monétaire international dit avoir constaté des avancées dans les réformes budgétaires engagées par le gouvernement congolais. Au terme de deux semaines d’assistance technique, sa délégation a échangé, le 30 janvier 2026 à Kinshasa, avec le vice-Premier ministre et ministre du Budget Adolphe Muzito, autour d’un chantier central, mieux exécuter la dépense publique et mieux informer le public.
Conduite par Jean-Baptiste Gros, la mission explique avoir travaillé sur deux points, les procédures d’exécution budgétaire et la qualité du reporting. En clair, comment l’État engage, contrôle et paie ses dépenses, et comment ces informations sont produites puis rendues accessibles.
Une réforme budgétaire qui parle aussi à la politique monétaire
Ce dossier est technique, mais il touche directement aux équilibres monétaires. Quand l’exécution du budget est mal maîtrisée, les dépenses peuvent s’accumuler sous forme d’arriérés, les fournisseurs attendent, l’État se retrouve sous pression pour trouver des liquidités, et la tentation de financer des besoins urgents de façon désordonnée augmente. À l’inverse, des procédures claires et suivies réduisent l’incertitude, ce qui aide à stabiliser l’économie.
Le FMI met en avant une réforme appelée déconcentration de l’ordonnancement, attendue dans quatre ministères pilotes à partir de février. L’ordonnancement, c’est l’étape qui autorise une dépense avant paiement. « Nous avons pu observer les efforts entrepris pour modifier ces procédures », a expliqué le chef de mission, en évoquant l’analyse des réformes en cours avec les autorités.
Pour un expert de la politique monétaire, l’enjeu est simple, un budget mieux exécuté rend la trajectoire des finances publiques plus lisible. Cette lisibilité compte pour la confiance, pour le marché des changes, et pour le travail de la banque centrale qui surveille la liquidité et l’inflation. La délégation dit être repartie satisfaite des échanges sur la faisabilité technique de la réforme.
Peter MOYI

