La photographie des titres miniers en RDC au 31 mai 2025 en dit long sur la trajectoire de l’industrie extractive nationale : le secteur n’a jamais été aussi actif, mais il se déploie principalement sur un axe Sud bien connu des investisseurs.
Le Cadastre minier (Cami) a recensé 3 295 titres miniers dans le pays, en hausse de 8 % sur un an. L’an dernier à la même date, 3 046 titres étaient enregistrés. Cette progression reflète la vigueur de la demande en permis, portée par la hausse continue du cours des matières premières, notamment du cuivre et du cobalt, deux atouts majeurs de la RDC sur le marché mondial.
Pourquoi la géographie des titres reste figée
Le détail des chiffres met en lumière une réalité frappante : près de 7 titres sur 10 sont attribués au Haut-Katanga (755 titres) et au Lualaba (687 titres), soit 69 % du total national pour ces deux provinces, et autant de la superficie totale concédée. Le Haut-Katanga progresse de 12 % en un an, alors que le Lualaba enregistre une hausse d’un peu plus de 11 %. Ailleurs, l’évolution reste marginale : le Kongo Central affiche 243 titres (contre 229 en 2024), le Tanganyika atteint 238 titres (contre 225).
Trois catégories dominent : le permis de recherche (1 978 titres, +9 %), le permis d’exploitation (641 titres, +5,8 %) et l’autorisation d’exploitation de carrière permanente (251 titres, +8 %). Ces hausses témoignent d’une activité soutenue, favorisée par l’attractivité des gisements du Sud.
Entre janvier et mai 2025, 143 nouveaux titres ont été octroyés, couvrant 3 130 carrés miniers. La quasi-totalité de ces permis restent concentrés dans les deux provinces phares. Cette polarisation interroge la politique de diversification minière : d’autres régions, riches en or, lithium ou autres métaux stratégiques, restent à la marge.
Popol Mabolia Yenga, directeur général du Cami, insiste sur la nécessité d’ajuster la politique minière : « Il faut créer un cadre spécifique pour les provinces moins explorées afin de corriger le déséquilibre et élargir la base de l’industrie. » Un constat partagé par plusieurs analystes, à l’image de la Banque mondiale qui appelle à un cadastre totalement transparent et à une meilleure valorisation des potentiels régionaux.
À court terme, la RDC devra relever deux défis : soutenir la fiabilité du cadastre pour garantir la sécurité des investissements, et stimuler l’intérêt pour les zones encore sous-exploitées, au risque de voir la croissance minière cantonnée au Sud, là où l’histoire industrielle s’est enracinée.
— M. KOSI

