Le marché congolais du sucre a amorcé un net repli tarifaire en août 2025, contrastant avec la stabilité persistante des prix des boissons. Les données relevées début août montrent une correction significative sur l’ensemble des segments du sucre, traduisant un rééquilibrage de l’offre et une pression concurrentielle accrue.
Pour le Kwilungongo, référence locale, le prix plancher est passé de 16 000 CDF début juillet à 15 700 CDF un mois plus tard, tandis que le plafond a reculé de 22 350 CDF à 20 000 CDF, soit une baisse de plus de 10 % sur le haut de la fourchette. La marque Lion enregistre une tendance similaire : minimum à 16 000 CDF (contre 17 000 CDF) et maximum réduit à 18 000 CDF, après 19 000 CDF en juillet. Les importations affichent les plus fortes corrections : le sucre blanc est passé de 23 050 CDF mi-juillet à 18 000 CDF, et le sucre roux de 22 350 CDF à 18 000 CDF, une contraction d’environ 22 % en moins d’un mois.
Selon un analyste du marché interrogé, ce repli résulte d’un double effet : un meilleur approvisionnement — probablement lié à une fluidification logistique et à l’arrivée de volumes additionnels — et un renforcement de la concurrence, qui oblige les opérateurs à réduire leurs marges.
Boissons : un secteur qui absorbe les chocs sans répercuter sur le consommateur
À l’inverse, le marché des boissons, qu’elles soient alcoolisées (50 cl) ou non alcoolisées (30 cl), reste figé depuis plusieurs mois. Les prix de la Castel se maintiennent à 3 000 CDF minimum, pour un plafond variant entre 4 000 et 4 500 CDF, tandis que la Nkoyi Likofi conserve un minimum de 2 500 CDF et un maximum de 3 500 CDF. Cette inertie tarifaire, selon les professionnels du secteur, s’expliquerait par une gestion stricte des coûts et un pilotage serré des marges, permettant d’absorber les fluctuations du taux de change et des frais logistiques sans impacter le consommateur final.
— M. MASAMUNA

