Ivanhoe Mines prévoit de publier en septembre 2026 une nouvelle estimation des ressources minérales de Western Forelands, dans le Lualaba. Le district de Makoko contient déjà plus de 9 millions de tonnes de cuivre selon les catégories de ressources publiées en 2025, tandis que les nouveaux forages ont rapproché la minéralisation à huit kilomètres de Kakula West.
Ivanhoe Mines prépare une révision de la taille de son district cuprifère de Makoko, situé dans le projet Western Forelands à proximité immédiate du complexe Kamoa-Kakula. La compagnie canadienne a confirmé fin juillet que la prochaine estimation des ressources serait publiée en septembre 2026, après la poursuite des forages d’expansion et d’infill ainsi que l’avancement des premiers travaux de préparation du projet.
Le point de départ est déjà considérable. Dans l’estimation publiée en mai 2025, Makoko District disposait, à une teneur de coupure de 1 % de cuivre, de 27,7 millions de tonnes de ressources indiquées à 2,79 % de cuivre, contenant 773 000 tonnes de métal. Les ressources inférées atteignaient 493,7 millions de tonnes à 1,70 %, pour 8,38 millions de tonnes de cuivre contenu. Selon un calcul de Lepoint.cd à partir de ces données, les deux catégories représentent environ 9,15 millions de tonnes de cuivre contenu. Les ressources inférées présentent toutefois un niveau de confiance géologique inférieur aux ressources indiquées et ne constituent pas des réserves minières.
Makoko s’étend désormais sur 15 kilomètres
La campagne 2026 cherche à la fois à agrandir le gisement et à améliorer la confiance géologique dans les zones déjà identifiées. Ivanhoe prévoit plus de 80 000 mètres de forage diamanté et 16 000 mètres de forage à circulation inverse sur Western Forelands cette année. Au 30 juin, 42 205 mètres avaient été réalisés depuis janvier, dont environ 22 000 mètres au deuxième trimestre.
Les derniers travaux ont ciblé notamment l’espace situé entre Makoko West et Kitoko ainsi que l’extension orientale de Makoko. Ivanhoe indique que la minéralisation est désormais observée à huit kilomètres de Kakula West, contre environ dix kilomètres auparavant. Lors de sa mise à jour du premier trimestre, la compagnie indiquait également que la longueur minéralisée de Makoko était passée de 13 à environ 15 kilomètres grâce aux forages d’extension.
Cette proximité avec Kamoa-Kakula est économiquement importante, même si elle ne signifie pas que les deux systèmes formeront automatiquement une même exploitation. Ivanhoe considère que les infrastructures déjà développées autour de Kamoa-Kakula pourraient réduire certaines contraintes normalement associées au développement d’une découverte entièrement nouvelle. Avant toute décision d’investissement, Makoko devra néanmoins passer par les études techniques, minières, environnementales et économiques nécessaires.
Les premiers travaux allant dans cette direction ont commencé au deuxième trimestre. Ivanhoe mentionne des études de référence, des démarches réglementaires, la définition des périmètres du projet ainsi qu’un programme de réinstallation et de restauration des moyens de subsistance des communautés. Des forages géotechniques et des tests hydrologiques sont également réalisés pour préparer les futures études de préfaisabilité.
86 millions USD consacrés à Western Forelands en 2026
L’importance accordée au projet apparaît également dans le budget d’exploration. Ivanhoe a porté son budget global d’exploration 2026 à 126 millions USD, dont 86 millions USD pour Western Forelands en RDC. À lui seul, ce portefeuille congolais absorbe ainsi plus des deux tiers du budget d’exploration du groupe.
Le classement présenté par Ivanhoe à partir des données de sociétés et de S&P Global Market Intelligence place actuellement Makoko comme la cinquième plus grande découverte de cuivre depuis Kakula en 2015, sur la base du cuivre contenu dans les ressources. La compagnie le présente également comme la découverte affichant la teneur la plus élevée parmi celles comparées. Ivanhoe précise toutefois que les données de ressources concernant Western Forelands utilisées dans ce classement n’ont pas été revues par S&P Global.
Le graphique diffusé le 17 août met Makoko derrière Kamoa-Kakula, Vicuña, Onto et Cascabel en quantité de cuivre contenu, mais devant plusieurs autres découvertes récentes. Cette comparaison doit être lue avec prudence. Elle porte sur des ressources géologiques publiées et non sur des réserves économiquement exploitables, des capacités de production ou la valeur financière effective de chaque projet.
La publication attendue en septembre constituera donc le prochain indicateur déterminant. Elle permettra de savoir dans quelle mesure les dizaines de milliers de mètres supplémentaires forés depuis l’estimation de mai 2025 ont augmenté le tonnage, la quantité de cuivre contenu et la part des ressources pouvant passer de la catégorie inférée à la catégorie indiquée. C’est ensuite la préfaisabilité, attendue en 2027 selon le calendrier d’Ivanhoe, qui devra commencer à traduire cette ressource géologique en scénario minier et économique.
— M. MASAMUNA









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