L’encours des titres publics grimpe à 5 740,1 milliards CDF au 14 août 2025, soit un peu moins de 2 milliards USD au taux indicatif du jour. La hausse est légère par rapport à la semaine précédente (5 735,8 milliards CDF), mais elle confirme la place centrale du marché domestique dans le financement de l’État. À noter : 1,8 milliard USD de titres viendront à échéance en devises — un rappel que le Trésor porte aussi une dette en dollars sur le marché local.
Le 12 août, l’adjudication a permis de lever 77 millions USD, soit l’intégralité des soumissions face à un montant annoncé de 100 millions. Les investisseurs ont pris des Obligations du Trésor en USD à 18 mois au taux de 9 % l’an. Le taux de couverture ressort à 77 %, traduisant un appétit présent mais pas illimité à ce niveau de rendement. Pourquoi l’objectif n’a-t-il pas été atteint ? La réponse se lit dans la prudence des porteurs de liquidités en période d’arbitrages serrés entre change, placements bancaires et titres souverains.
Ce que dit cette opération sur le financement de l’État
Le calendrier du 3ᵉ trimestre 2025 annonce jusqu’à 100 milliards CDF d’émissions indexées et 400 millions USD d’obligations en devise. En clair : le Trésor maintient un double couloir de financement, en monnaie locale et en dollars, pour lisser ses besoins de trésorerie et élargir sa base d’investisseurs. Cette stratégie a déjà produit ses effets au premier semestre, avec plusieurs tours de marché à 9 % sur 18 mois — une balise de prix qui s’installe.
Derrière les chiffres, trois messages.
Un : l’encours progresse, mais par à-coups. La montée de 5 714,6 à 5 740,1 milliards CDF en deux semaines tient autant aux nouvelles émissions qu’au calendrier des amortissements. Deux : la part en USD reste élevée (1,8 milliard à rembourser), ce qui sécurise les souscripteurs contre l’érosion du franc mais fait peser un besoin de devises à l’échéance — d’où l’importance des recettes en dollars et du niveau des réserves. Trois : la courbe à 9 % sur 18 mois fixe un repère. Tant que les acteurs jugeront ce couple rendement/risque acceptable, les levées resteront possibles, même si l’objectif nominal n’est pas toujours atteint.
Sur le plan macro, la photo est cohérente avec les diagnostics récents : la dette publique de la RDC demeure modérée en part de PIB, et l’essor du compartiment domestique s’effectue par petites touches. Le FMI rappelait encore que, fin 2023, l’encours des bons et obligations du Trésor restait contenu en proportion de l’économie, ce qui laisse une marge pour structurer un marché primaire plus profond à moyen terme — à condition d’ancrer la prévisibilité et de maintenir la discipline sur les maturités.
Dernier point pratique pour les lecteurs qui suivent la liquidité : au même moment, la Banque centrale a procédé à une injection nette de 167 milliards CDF via ses propres adjudications de Bons BCC. Ce geste vise à lisser les tensions de court terme dans le système bancaire, alors que le Trésor capte des ressources au-delà d’un an et demi. Le parallélisme des opérations illustre l’équilibre à trouver entre financement budgétaire et stabilité monétaire.
À retenir
– Encours des titres publics : 5 740,1 milliards CDF au 14/08 (+ semaine).
– Part à rembourser en devises : 1,8 milliard USD.
– Adjudication du 12/08 : 77 millions USD levés, 18 mois, 9 %, couverture 77 %.
– Programme T3 2025 : jusqu’à 100 milliards CDF et 400 millions USD annoncés.
— M. KOSI

