La République démocratique du Congo tente d’anticiper les défis liés à l’émergence de la filière lithium, dans un contexte de transition énergétique mondiale et de concurrence accrue autour des minerais stratégiques. Réunis du 25 au 26 mars 2026, les principaux acteurs du secteur ont engagé des discussions visant à définir une vision commune, capable de concilier attractivité des investissements, retombées économiques nationales et développement local.
Gouvernance, transformation locale et enjeux géopolitiques au cœur des échanges
Organisée avec l’appui du et en coordination avec le , cette table ronde a rassemblé des représentants du gouvernement, des entreprises, des institutions nationales et internationales, ainsi que des diplomates et des membres de la société civile. Les échanges, conduits selon les règles de Chatham House, ont permis d’aborder sans contrainte plusieurs questions sensibles liées à la structuration du secteur.

Trois axes principaux ont dominé les discussions : les opportunités économiques liées à la demande mondiale en lithium, les défis de gouvernance dans un secteur encore en construction, et la nécessité d’intégrer la transformation locale dans les futurs projets. À cela s’ajoute une dimension géopolitique croissante, dans un contexte où les grandes puissances cherchent à sécuriser leurs approvisionnements en minerais critiques pour les batteries et les technologies énergétiques.
Un consensus se dégage progressivement parmi les parties prenantes : éviter la reproduction du modèle extractif observé dans d’autres filières, où la création de valeur locale reste limitée. Cette volonté se traduit par une prise de responsabilité collective, avec l’objectif de construire une chaîne de valeur plus intégrée, capable de générer des emplois, de soutenir l’industrialisation et de renforcer les capacités nationales.
Dans ce contexte, le lithium apparaît comme une opportunité structurante pour la RDC, à condition de mettre en place un cadre de gouvernance adapté, de sécuriser les investissements et de garantir une répartition plus équilibrée des bénéfices. L’enjeu dépasse le seul secteur minier : il s’agit de poser les bases d’un modèle économique capable de transformer les ressources naturelles en levier de développement durable.
— M. KOSI


