Redevances minières : alerte sur les écarts au Haut-Katanga

À Lubumbashi, Freddy Kasongo, secrétaire exécutif de l’EARSE, alerte sur la faible part des revenus miniers qui profite réellement aux communautés locales. Selon lui, les redevances minières restent mal suivies et insuffisamment transformées en projets durables.

La Rédaction

À Lubumbashi, Freddy Kasongo, secrétaire exécutif de l’EARSE, alerte sur la faible part des revenus miniers qui profite réellement aux communautés locales. Selon lui, les redevances minières restent mal suivies et insuffisamment transformées en projets durables.

En marge de la 21e édition de la DRC Mining Week, tenue du 17 au 19 juin 2026 à Lubumbashi, Freddy Kasongo a remis au centre du débat une question sensible : la redistribution locale des revenus tirés de l’exploitation minière. Le secrétaire exécutif de l’Observatoire d’études et d’appui à la responsabilité sociale et environnementale estime que les communautés riveraines du Haut-Katanga ne perçoivent pas tout ce qu’elles devraient recevoir au titre des redevances minières.

Son alerte vise surtout l’écart entre les ressources générées par les mines et les retombées visibles dans les zones d’exploitation. Dans cette province productrice de cuivre et de cobalt, plusieurs localités vivent encore avec des besoins importants en routes, écoles, énergie, eau, santé et emplois locaux. Pour Freddy Kasongo, quelques infrastructures existent, mais elles ne suffisent pas à créer un développement durable autour des sites miniers.

La redevance minière est censée corriger une partie de ce déséquilibre. Elle permet de redistribuer une fraction des revenus de l’exploitation vers l’État, les provinces, les entités territoriales décentralisées et d’autres fonds publics. Depuis le décret n° 23/32 du 26 août 2023, la répartition prévoit notamment 44 % pour le pouvoir central, 23 % pour la province concernée, 14 % pour l’entité territoriale décentralisée, 11 % pour le FONAREV et 8 % pour le Fonds minier pour les générations futures.

Le suivi des flux miniers reste le vrai point faible

Le problème soulevé par Freddy Kasongo ne porte donc pas seulement sur l’existence des textes. Il concerne aussi le suivi effectif des montants payés, reçus et utilisés. Selon lui, les communautés locales « perçoivent moins que ce qu’elles devraient percevoir ». L’EARSE dit travailler au suivi des flux financiers issus de l’activité minière afin de documenter ces écarts.

Cette question est économique avant d’être administrative. Si les redevances ne sont pas bien tracées, les zones minières perdent une source directe de financement local. Cela limite la construction d’infrastructures utiles et réduit la capacité des entités locales à soutenir des activités économiques durables autour des mines.

Freddy Kasongo critique aussi la qualité de certains projets financés. Il cite le cas d’écoles primaires construites dans des zones déjà couvertes, alors que les besoins prioritaires peuvent se trouver ailleurs, par exemple dans l’enseignement secondaire ou dans des infrastructures plus structurantes. Cette situation pose la question de la planification locale, car une dépense publique peut être conforme sur papier mais peu efficace sur le terrain.

L’autre point de tension concerne les cahiers des charges des entreprises minières. Ces documents doivent encadrer les engagements sociaux des titulaires de droits miniers envers les communautés affectées. Selon le responsable de l’EARSE, plusieurs entreprises n’auraient toujours pas respecté cette obligation, malgré les sanctions prévues par le Code minier.

Pour corriger ces faiblesses, Freddy Kasongo plaide pour une application plus stricte de la loi et un rôle plus ferme de l’État. Il estime aussi qu’une partie des revenus miniers infranationaux devrait financer l’accès à l’électricité. Dans les zones minières, l’énergie peut soutenir les petites entreprises, les services publics et l’emploi local, au-delà des seules infrastructures sociales.

Le débat ouvert à Lubumbashi rappelle une réalité centrale : la richesse minière ne produit un effet durable que si les revenus sont bien collectés, bien contrôlés et orientés vers des projets réellement utiles aux populations riveraines.

— M. KOSI

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