Risque de coupure économique à Budjala : le pont « Saw 1 » sur le point de céder

Partager

Le pont métallique « Saw 1 » de Budjala, dans la province du Sud-Ubangi, se retrouve sous la menace d’un effondrement après l’apparition soudaine d’une tête d’érosion à moins de dix mètres de son assise. Cette situation s’est aggravée à la suite de précipitations intenses, forçant les riverains à redouter une coupure imminente de l’unique axe reliant Budjala à Gemena, une ville-clé du nord-ouest de la RDC. Pour les commerçants et les exploitants agricoles, cette infrastructure représente bien plus qu’un simple ouvrage : il s’agit du dernier lien logistique fiable au sein d’un territoire où plus de 60 % des routes secondaires demeurent impraticables en saison des pluies, selon les dernières données de la Banque Mondiale.

Quelles conséquences économiques pour Budjala et le Sud-Ubangi ?

La pression sur « Saw 1 » s’est accrue alors que la route agricole Budjala–Kolongo, autrefois utilisée par les transporteurs, s’est détériorée au point de devenir inutilisable. Le trafic routier, désormais concentré sur un seul passage, expose la région à un risque d’isolement. Près de 80 % du commerce local dépend du bon état de ce pont, d’après les estimations des commerçants locaux. Un effondrement priverait non seulement Budjala de son accès à Gemena mais perturberait aussi l’acheminement de produits agricoles, principal moteur de la région.

À cela s’ajoute une situation préoccupante dans plusieurs quartiers du chef-lieu. D’autres têtes d’érosion, notamment sur l’avenue Sungu au Camp FD, compliquent l’accès à l’hôpital général, au marché central et à d’autres structures vitales. Ces difficultés de mobilité rappellent que la RDC perd chaque année environ 2,5 % de son PIB en raison de la détérioration de ses infrastructures routières (Rapport BAD, 2023), un manque à gagner qui pèse sur l’ensemble du tissu économique et social.

La population, relayée par les leaders locaux, multiplie les appels aux pouvoirs publics afin d’obtenir une intervention rapide. L’absence de mesures correctives renforcerait la fragilité du réseau routier et accentuerait la vulnérabilité économique du Sud-Ubangi, déjà marqué par un sous-investissement chronique dans la maintenance des infrastructures. Le cas de Budjala illustre, à l’échelle locale, l’urgence d’une politique de préservation et de modernisation des réseaux de transport pour accompagner la reprise économique en RDC.

— Peter MOYI

En savoir +

A la Une