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Sécurité routière : ENGEN DRC renforce la culture HSSEQ avec une formation dédiée à la gestion des trajets

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Le 13 août, ENGEN DRC (groupe Vivo Energy) a réuni ses transporteurs pour une session dédiée au Journey Management Plan — une méthode qui formalise chaque étape d’un trajet routier, de la préparation au retour. Un choix pragmatique : en Afrique, près de 250 000 décès ont été recensés sur les routes en 2021, alors que le reste du monde voyait baisser ses taux de mortalité, selon l’OMS.

Sur les axes clés du pays, la fragilité est documentée. Sur la RN1 Matadi–Kinshasa, par exemple, 1 606 accidents et 384 morts ont été enregistrés en 2023, illustrant le coût humain et logistique d’un convoi mal planifié ou d’un relâchement en matière de sécurité.

Un plan de trajets pour réduire les risques, pas seulement cocher des cases

ENGEN DRC Renforce

Le Journey Management Plan n’est pas un simple formulaire. C’est un mode opératoire précis : évaluer la nécessité du déplacement, tracer l’itinéraire, planifier les arrêts, vérifier l’état du véhicule, anticiper la fatigue, définir qui appelle qui et quand, et comment réagir si l’imprévu survient. Cette approche, née et rodée dans les secteurs pétrolier et minier, s’est imposée comme la référence HSSE pour encadrer le risque routier lié au travail.

Chez Vivo Energy, la politique HSSEQ impose une gestion « systématique » de la sécurité : règles de vie sauve, conformité, amélioration continue et suivi documenté. Autrement dit, si un trajet n’est pas préparé, il ne part pas. ENGEN DRC inscrit sa formation dans ce cadre, en rappelant qu’une bonne procédure n’a de valeur que si elle est comprise par les équipes et appliquée sur le terrain.

La session du 13 août, pilotée par Supply & Distribution, a justement ciblé ces points concrets. Les transporteurs ont revu les fondamentaux : choix d’itinéraires alternatifs quand la météo bascule, briefing pré-départ avec check-list, contrôle du chargement et de la répartition des masses, gestion du temps de conduite et des pauses, points de contact fixes, retour d’expérience après mission. L’objectif n’était pas d’ajouter une pile de documents, mais de rendre chaque trajet prévisible et traçable. À l’échelle d’une flotte, ce sont des incidents évités, des retards en moins et un coût d’assurance plus contenu.

Les échanges ont été utiles parce qu’ils ont confronté la procédure aux réalités congolaises : chaussées dégradées par endroits, tronçons saturés, pannes de réseau sur certaines portions, présence de piétons et deux-roues imprévisibles. Plusieurs participants ont insisté sur la coordination avec les points de chargement et de déchargement : si les créneaux ne sont pas respectés, le plan s’écroule et la fatigue s’installe. Le message est clair : un bon Journey Management commence avant la route, au bureau d’ordonnancement, et s’achève après la livraison par un débrief précis.

Pourquoi cela compte pour l’économie ? Parce que la sécurité routière est aussi un sujet de fiabilité logistique. Un camion immobilisé ou un sinistre grave, c’est une chaîne d’approvisionnement qui se dérègle, des stations qui attendent leur carburant, des clients qui basculent vers un concurrent. L’OMS rappelle, à l’échelle du continent, l’aggravation des décès liés à la circulation sur la dernière décennie ; inverser cette courbe passe par des politiques publiques, mais aussi par des pratiques privées exigeantes et suivies dans le temps.

Pour donner de la portée à cette formation, trois leviers ressortent :

  1. Mesure : suivre des indicateurs simples et parlants — incidents par million de kilomètres, taux de « near-miss » rapportés, respect des vitesses et temps de conduite.
  2. Discipline opérationnelle : check-lists systématiques au départ, appels programmés, consignation des écarts et actions correctives.
  3. Boucles de retour d’expérience : capitaliser sur les cas réels — y compris ceux sur des axes sensibles comme la RN1 — pour ajuster les itinéraires, l’entretien et les consignes aux conducteurs.

Dans le secteur des produits pétroliers, où le risque est diffus mais permanent, formaliser le trajet n’est pas un luxe. C’est une police d’assurance qui protège les équipes, les cargaisons et la réputation de l’opérateur. ENGEN DRC avance une idée simple : si tout le monde suit la même carte et parle le même langage HSSEQ, les imprévus deviennent gérables. Et, au bout de la route, la sécurité cesse d’être un slogan pour redevenir une habitude.

— Peter MOYI

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