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Seulement 30% du potentiel : La production de poissons en RDC face à la dépendance aux importations

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En République démocratique du Congo, la production nationale de poissons se heurte à plusieurs obstacles malgré un potentiel halieutique considérable. Face à une dépendance croissante aux importations, le développement de l’aquaculture s’impose comme une solution stratégique pour répondre aux besoins alimentaires de la population et dynamiser l’économie locale. Cet article examine les défis et les opportunités du secteur aquacole en RDC, en s’appuyant sur des données récentes et des analyses approfondies.

La production nationale de poissons en RDC est actuellement estimée entre 2 000 et 3 000 tonnes par an, pour une valeur totale de 5 à 7,5 millions de dollars. Ce chiffre représente environ 30% du potentiel total du pays, qui est estimé à plus de 707 000 tonnes de production annuelle. La production actuelle, essentiellement artisanale et continentale, ne parvient pas à répondre à la demande croissante en poissons, obligeant le pays à importer pour combler le déficit. La faible production nationale se traduit par une consommation moyenne annuelle de seulement 5,5 kg de poisson par habitant. En 2022-2023, la production totale de poissons à Kinshasa est passée de 4 054 à 5 137 tonnes, soit une augmentation de 10%. Cette hausse, bien qu’encourageante, reste insuffisante pour réduire la dépendance aux importations, qui demeurent nécessaires pour satisfaire la demande locale.

Les principaux défis pour le développement de l’aquaculture en RDC sont multiples. Avec une production nationale représentant seulement 30% du potentiel total, la RDC doit investir dans des infrastructures et des équipements pour augmenter significativement sa production. Le secteur aquacole est largement fragmenté, avec peu d’organisation et de soutien pour les petits exploitants. Il y a un manque de ressources humaines qualifiées et de matériel adapté pour développer une aquaculture durable et efficace. Certaines régions, comme la cuvette centrale, présentent des conditions peu propices à l’aquaculture, avec des eaux acides et des sols de mauvaise qualité.

Malgré ces défis, plusieurs opportunités peuvent être exploitées pour développer l’aquaculture en RDC. Avec un potentiel de production estimé à plus de 707 000 tonnes annuelles, la RDC dispose d’une marge importante pour augmenter sa production. La consommation de poissons reste faible, ce qui offre un marché intérieur en expansion pour les producteurs locaux. Le gouvernement et des organismes internationaux, comme la FAO, sont déterminés à soutenir le secteur à travers des programmes de développement et de formation. La pisciculture en terre battue, hors-sol et en cage flottante présentent des méthodes adaptées aux différentes conditions locales et peuvent être développées pour améliorer la production.

Pour améliorer le développement de l’aquaculture, des investissements conséquents sont indispensables. La réhabilitation et la création de centres d’alevinage par province sont essentiels. Le Plan aquaculture national, estimé à 80 millions de dollars, nécessite des financements pour être mis en œuvre. La formation de cadres en aquaculture est cruciale pour accompagner le développement du secteur. Investir dans des techniques adaptées aux conditions locales est nécessaire pour une production durable.

Le développement de l’aquaculture en RDC représente une opportunité majeure pour répondre aux besoins alimentaires de la population et réduire la dépendance aux importations. Malgré les défis importants, le potentiel halieutique du pays, associé à un soutien institutionnel et à des investissements ciblés, permet d’envisager un avenir prometteur pour le secteur. En valorisant les techniques de pisciculture adaptées et en renforçant les capacités locales, la RDC peut transformer son secteur aquacole et contribuer à la sécurité alimentaire et au développement économique du pays.

M. KOSI

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