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Sicomines : 1,05 milliard USD déjà dépensés pour 42 projets d’infrastructures en RDC, dont 36 achevés

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Plus d’un milliard de dollars. C’est le montant total injecté dans la première phase des infrastructures liées au contrat Sicomines en RDC, selon un rapport de l’ONG Afrewatch basé sur les données techniques de l’Agence congolaise des grands travaux (ACGT). Dans le détail, 1,053 milliard USD ont été mobilisés, dont 822,1 millions USD affectés à des projets officiellement achevés.

Parmi les 42 projets recensés, 36 ont été déclarés terminés, tandis que 6 demeurent en cours d’exécution. En théorie, chaque infrastructure est censée suivre un processus rigoureux : la réception provisoire précède la réception définitive d’environ treize mois. Or, sur l’ensemble du portefeuille, seuls 20 projets ont été réceptionnés de manière définitive, 7 le sont provisoirement, et 16 attendent encore validation.

La révision intervenue le 14 mars 2024 entre Kinshasa et les entreprises chinoises signataires du contrat initial de 2008 a remis la lumière sur ce partenariat stratégique. Un nouvel enveloppe globale de 7 milliards USD a été définie pour intégrer aussi bien les infrastructures déjà livrées que les charges financières reconnues entre les parties.

Cependant, les projections optimistes sont rapidement confrontées à la réalité des décaissements. Sur les 7 milliards USD annoncés, seuls moins de 5 milliards USD seront réellement disponibles pour de nouveaux chantiers, une fois retranchés les fonds déjà utilisés dans la première phase et les 1,5 milliard USD d’emprunt contracté par l’État congolais. Cette somme devra être étalée jusqu’à 2041, soit une moyenne annuelle bien inférieure aux besoins exprimés.

Pour 2024, les engagements d’investissements en infrastructures sont estimés à 324 millions USD, avec une attente particulière de 624 millions USD à décaisser cette même année. Ces prévisions restent fragiles car le coût des investissements est directement indexé au prix du cuivre, actuellement fixé à 8 000 USD la tonne. Toute fluctuation sur le marché des matières premières peut donc bouleverser la programmation budgétaire.

Face à ces incertitudes, le plan quinquennal du ministère des Infrastructures affiche une ambition bien plus large : mobiliser 14,7 milliards USD pour moderniser les routes, ponts et ouvrages à travers le pays. Près de 54,5 % de ce financement devrait venir de la Chine, soit environ 8 milliards USD. Mais l’écart entre les intentions et les ressources réellement disponibles demeure préoccupant.

Le rapport d’Afrewatch formule plusieurs pistes pour plus de transparence. L’ONG recommande notamment au Parlement d’organiser un contrôle rigoureux des infrastructures réalisées entre 2008 et 2023, afin d’évaluer leur valeur réelle. Le gouvernement est également invité à revoir les mécanismes de gestion des fonds liés au contrat Sicomines, pour les aligner sur la loi sur les finances publiques, le code des marchés et le décret sur la gouvernance budgétaire.

Enfin, la Cour des comptes et l’Inspection générale des finances sont appelées à auditer l’intégralité de la première phase, pour retracer les flux et vérifier l’efficacité des dépenses publiques.

Le chantier des infrastructures congolaises est donc loin d’être achevé. Et au-delà des routes et des ponts, c’est la route de la transparence et de la redevabilité qui mérite aussi d’être tracée.

M. KOSI

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