Le marché des titres publics confirme une tendance qui se dessine depuis plusieurs mois en République démocratique du Congo : les investisseurs privilégient largement les emprunts libellés en dollars américains au détriment de ceux émis en francs congolais. Les dernières données de la Banque centrale du Congo (BCC) montrent que cette préférence continue d’orienter les choix des souscripteurs, malgré la stabilité observée sur le marché des changes.
Au 16 juin 2026, le gouvernement a levé 32,9 millions de dollars à travers une émission d’Obligations du Trésor en devises d’une maturité de deux ans, rémunérées à 8 % l’an. Cette opération affichait un objectif initial de 60 millions de dollars, ce qui correspond à un taux de couverture de 54,9 %.
Si cette adjudication n’a pas permis d’atteindre le montant recherché, les statistiques du premier semestre révèlent une situation beaucoup plus favorable pour l’ensemble des émissions en devises. Sur un programme prévoyant 900 millions de dollars, le Trésor a finalement retenu 1,071 milliard de dollars de souscriptions, soit un taux de réalisation de 119 %. Les investisseurs continuent ainsi de manifester un intérêt soutenu pour les titres libellés en monnaie américaine.
À l’inverse, les émissions en francs congolais rencontrent davantage de difficultés. Alors que le gouvernement prévoyait de mobiliser 1.150 milliards de CDF, les souscriptions retenues n’ont atteint que 357 milliards de CDF, soit un taux de réalisation limité à 31 %.
Cette différence traduit une préférence persistante des investisseurs pour les actifs libellés en devises. Malgré la stabilité du franc congolais observée depuis plusieurs mois, une partie importante du marché continue de considérer les titres en dollars comme une protection contre les risques de change et une option plus attractive pour préserver la valeur des placements.
Cette évolution constitue un enjeu important pour la politique de financement de l’État. Le développement d’un marché dynamique des titres en monnaie nationale permettrait de réduire progressivement la dépendance aux financements en devises et de limiter l’exposition de la dette publique aux fluctuations du dollar.
La BCC indique également que l’encours global des titres publics a progressé au cours de la période sous revue. Au 17 juin 2026, il s’établissait à 7.027,1 milliards de francs congolais, contre 6.438 milliards de CDF une semaine auparavant. Cette hausse s’explique principalement par les nouvelles émissions d’Obligations du Trésor en devises.
Dans la continuité de son programme de financement, le gouvernement a également annoncé une nouvelle adjudication de Bons du Trésor en dollars américains d’un montant indicatif de 30 millions de dollars, avec une maturité de trois mois.
Le comportement des investisseurs montre que la confiance envers les titres publics congolais progresse, mais principalement lorsqu’ils sont émis en devises. Pour les autorités, le défi reste désormais de renforcer l’attractivité des émissions en francs congolais afin de développer davantage le marché financier domestique et de diversifier les sources de financement du Trésor.









Votre avis compte
Une precision, un chiffre a corriger, une experience terrain ou une question utile ? Votre commentaire peut enrichir le debat economique.