À 45 kilomètres du centre de Kinshasa, une ville futuriste s’apprête à sortir de terre. Baptisé « Kinshasa Kia Mona », ce projet d’urbanisation XXL porté par la société anglo-suisse Caroussel Finance ambitionne d’accueillir près de 5 millions d’habitants sur 43 000 hectares. Le lancement officiel est prévu pour juin prochain, marquant ainsi un tournant discret mais déterminant dans la gestion de la croissance démographique de la capitale congolaise.
Chiffré à 50 milliards de dollars, le projet ne pèsera pas sur les finances publiques. Le financement repose sur un montage en partenariats publics-privés (PPP) piloté par Caroussel Finance. À ce jour, plus de 18 milliards de dollars ont déjà été levés, a confirmé Jafar Hilali, président fondateur de l’entreprise.
Loin de se limiter à de simples logements, Kinshasa Kia Mona promet un tissu urbain complet : immeubles résidentiels modernes, un quartier financier à vocation internationale, des hôpitaux de dernière génération, une université pensée pour 50 000 étudiants et une zone industrielle capable d’abriter 1 500 usines. Cette nouvelle agglomération vise aussi à devenir un pôle d’emploi majeur, avec la création annoncée de 30 000 postes dès la phase de construction.
L’urgence d’une telle extension trouve ses racines dans les chiffres : selon les prévisions des Nations Unies, Kinshasa pourrait dépasser les 25 millions d’habitants d’ici 2030, accentuant les pressions déjà critiques sur les infrastructures existantes. Un constat partagé par plusieurs économistes urbains, pour qui l’absence d’alternatives accentuerait les risques de saturation économique et sociale dans la mégapole.
Le chantier devrait s’étendre sur huit ans, par phases successives, avec une attention portée sur l’intégration environnementale, bien que peu de détails aient été communiqués jusqu’à présent à ce sujet. Pour Caroussel Finance, l’enjeu est double : réussir l’équilibre financier d’une opération de cette ampleur et offrir une réponse tangible aux défis urbains d’un des plus grands foyers de croissance démographique du continent.
L’expérience de projets similaires ailleurs en Afrique, comme Konza City au Kenya, montre toutefois que la réussite dépendra de la capacité à attirer des investissements pérennes et à proposer des services compétitifs dès les premières livraisons.
— M. KOSI

