La République démocratique du Congo (RDC) et le Rwanda ont confirmé leur engagement à restaurer des relations bilatérales apaisées et à relancer l’intégration économique régionale, à travers la signature d’un accord politique visant la stabilité de l’Est congolais. Ce document scelle une reconnaissance mutuelle de leur souveraineté et de leurs frontières, tout en établissant un cadre précis de coopération.
Chaque gouvernement s’engage désormais à résoudre ses différends par la négociation et la diplomatie, bannissant tout recours aux menaces ou à l’ingérence dans les affaires intérieures du voisin. La reconnaissance du droit souverain de chaque État à administrer son territoire sans ingérence extérieure constitue un pilier fondamental de ce nouvel accord.
Dans une région frontalière historiquement instable, les deux pays admettent partager des préoccupations sécuritaires légitimes. Un mécanisme conjoint de coordination sécuritaire sera mis à l’étude pour lutter contre la prolifération des groupes armés non étatiques et des réseaux criminels, souvent accusés d’alimenter les tensions. En parallèle, Kigali et Kinshasa renoncent formellement à tout soutien militaire aux groupes armés opérant au-delà de leurs frontières respectives.
Sur le plan économique, un ambitieux programme d’intégration régionale sera progressivement mis en œuvre. Ce programme s’appuiera sur les structures existantes, notamment la Conférence Internationale sur la Région des Grands Lacs (CIRGL), le COMESA et la Communauté de l’Afrique de l’Est (EAC). L’objectif affiché est clair : favoriser une croissance partagée par des échanges commerciaux transparents et des investissements mutuellement profitables. Des projets structurants dans l’énergie hydraulique, la gestion des parcs nationaux et la sécurisation des chaînes d’approvisionnement en minerais stratégiques sont également au menu. Washington et les investisseurs américains accompagneront ce virage économique, à travers des investissements directs et un appui technique dans la formalisation des filières minières, du site d’extraction jusqu’au métal raffiné.
Concernant les déplacés internes (IDP) et les réfugiés congolais installés au Rwanda et ailleurs, les Participants s’engagent à faciliter leur retour volontaire et sécurisé, en collaboration avec les agences humanitaires de l’ONU. Ce processus devra respecter les normes internationales et viser la réinstallation durable dans leurs régions d’origine, dès que la sécurité sera rétablie.
S’agissant de la Mission des Nations Unies en RDC (MONUSCO), l’accord rappelle l’importance de soutenir son mandat. Les deux gouvernements promettent de garantir la liberté d’action de la MONUSCO et des forces régionales associées, notamment pour les missions de vérification et de protection des civils, dans l’esprit de la Résolution 2773 du Conseil de Sécurité des Nations Unies.
La dernière étape de ce processus repose sur l’élaboration rapide d’un accord de paix définitif. Un premier projet de texte devra être prêt d’ici le 2 mai, dans le prolongement des travaux de Nairobi, Luanda, et Doha, désormais intégrés sous l’égide de la Communauté d’Afrique de l’Est (EAC) et de la Communauté de Développement d’Afrique Australe (SADC), avec le soutien de l’Union Africaine et la facilitation du président Faure Gnassingbé. En cas de divergences, une rencontre ministérielle est déjà prévue à Washington, sous la houlette du Département d’État américain, pour harmoniser les positions.
En scellant ces engagements, la RDC et le Rwanda ouvrent la voie à une transformation politique et économique d’une région qui aspire à tourner la page des conflits endémiques.
— Peter MOYI

