Les États-Unis renforcent leur stratégie de sécurisation des chaînes d’approvisionnement en minerais critiques. Le Département américain de l’Énergie (DOE) a annoncé un financement de 15 millions de dollars destiné à soutenir deux nouveaux projets de recherche visant à développer des sources alternatives de minerais stratégiques à partir de gisements non conventionnels et de résidus industriels.
Cette initiative s’inscrit dans la politique américaine de réduction de la dépendance aux importations de matières premières essentielles à la fabrication des batteries, des véhicules électriques, des semi-conducteurs, des équipements de défense et des technologies de transition énergétique.
Selon Audrey Robertson, secrétaire adjointe à l’Énergie chargée de l’efficacité énergétique et des énergies renouvelables, les États-Unis disposent encore d’importantes ressources inexploitées pouvant contribuer au renforcement de leur souveraineté industrielle.
« Développer des chaînes d’approvisionnement nationales en minerais critiques implique de valoriser des ressources non conventionnelles. Le charbon, les eaux usées issues de l’industrie pétrolière et gazière ou encore le drainage minier acide peuvent devenir des sources stratégiques pour l’industrie américaine », a-t-elle déclaré.
Les deux projets retenus viennent compléter six initiatives déjà sélectionnées dans le cadre du programme fédéral Carbon Ore, Rare Earth and Critical Minerals (CORE-CM). Ce programme vise à identifier de nouvelles ressources minérales et à accélérer leur intégration dans les chaînes de valeur industrielles américaines.
Le premier projet, piloté par l’Université du Nevada à Reno, concerne la région de la côte Pacifique et du bassin de l’Ouest américain. Les chercheurs étudieront les ressources en minerais critiques présentes dans certaines formations sédimentaires ainsi que dans les déchets issus d’anciennes exploitations minières. L’objectif est de constituer une base de données détaillée permettant d’orienter les futurs investissements dans l’extraction, le traitement et la réhabilitation environnementale.
Le second projet est conduit par la Georgia Tech Research Corporation dans la région côtière de l’Atlantique. Les travaux porteront sur plusieurs minerais stratégiques présents dans les gisements de kaolin, de bauxite, de phosphates ainsi que dans les résidus industriels et les anciens sites miniers. Les chercheurs utiliseront notamment des outils d’intelligence artificielle et d’apprentissage automatique pour identifier les zones présentant le plus fort potentiel économique.
Au-delà de l’aspect scientifique, ces programmes visent également à soutenir le développement économique régional en s’appuyant sur les infrastructures existantes et sur les compétences techniques locales.
Cette nouvelle initiative illustre la compétition mondiale croissante autour des minerais critiques. Face à la domination de certains pays dans l’extraction ou le raffinage de matières stratégiques comme le cobalt, le lithium, les terres rares ou le graphite, les grandes puissances cherchent à diversifier leurs sources d’approvisionnement et à renforcer leurs capacités nationales de transformation.
Pour la République démocratique du Congo, premier producteur mondial de cobalt et acteur majeur du marché du cuivre, cette évolution confirme l’importance stratégique des ressources minérales dans les nouvelles politiques industrielles mondiales. Elle souligne également l’accélération des investissements dans la recherche de nouvelles sources d’approvisionnement susceptibles, à terme, de réduire la dépendance des économies développées à certains producteurs traditionnels.
Si les montants annoncés restent modestes à l’échelle des investissements miniers mondiaux, ils témoignent de la volonté des États-Unis de construire progressivement une chaîne d’approvisionnement plus résiliente, capable de soutenir leur transition énergétique et leur compétitivité industrielle dans les décennies à venir.
Par M. KOSI






