Les finances publiques congolaises restent marquées par un niveau élevé de dépenses malgré une progression des recettes fiscales et douanières. Selon la dernière note de conjoncture économique de la Banque Centrale du Congo (BCC), les régies financières ont mobilisé 1 581,6 milliards de francs congolais au 22 mai 2026. Sur la même période, les dépenses exécutées par le Trésor public se sont élevées à 3 098 milliards CDF. Les sorties de fonds représentent ainsi près du double des recettes encaissées, illustrant les défis auxquels le gouvernement est confronté pour financer ses engagements tout en maintenant l’équilibre budgétaire.
La Direction générale des impôts (DGI) demeure le principal contributeur aux recettes publiques. Elle a mobilisé 881,8 milliards CDF, soit près de 56 % du total collecté. La Direction générale des douanes et accises (DGDA) arrive en deuxième position avec 463 milliards CDF, représentant environ 29 % des recettes. De son côté, la Direction générale des recettes administratives, judiciaires, domaniales et de participations (DGRAD) a apporté 236,9 milliards CDF, soit près de 15 % des encaissements. Ces chiffres confirment que les recettes fiscales et douanières continuent de constituer les principales sources de financement du budget de l’État.
Malgré ces performances, les ressources mobilisées demeurent insuffisantes pour couvrir l’ensemble des dépenses publiques. Les rémunérations des agents et fonctionnaires de l’État représentent l’un des principaux postes budgétaires avec 841 milliards CDF décaissés au cours de la période observée. Les frais financiers, liés notamment au service de la dette publique, se sont élevés à 36,3 milliards CDF. Ces charges s’inscrivent dans un contexte où l’État doit simultanément financer ses missions courantes, ses programmes sociaux et plusieurs projets d’investissement.
Pour compléter ses besoins de financement, le gouvernement poursuit son recours au marché intérieur des titres publics. Le 12 mai 2026, le Trésor public a procédé à une émission d’obligations du Trésor libellées en dollars américains, d’une maturité de deux ans. L’objectif initial était de mobiliser 70 millions USD. L’opération a finalement permis de lever 86,5 millions USD, soit un taux de couverture de 123,7 %. Cette demande supérieure au montant recherché traduit l’intérêt des investisseurs pour les titres souverains congolais et offre au gouvernement une source de financement supplémentaire sans recourir directement aux avances de la Banque centrale, généralement considérées comme susceptibles d’alimenter les tensions inflationnistes.
Parallèlement, la BCC relève une légère diminution de l’encours global des titres publics. Celui-ci est passé de 6 729 milliards CDF à 6 505,5 milliards CDF entre le 12 et le 21 mai 2026. Cette baisse s’explique principalement par les remboursements effectués sur certaines émissions arrivées à échéance. Elle montre également que le Trésor continue de gérer ses engagements financiers tout en poursuivant ses opérations de financement sur le marché local.
Au-delà des statistiques hebdomadaires, ces données mettent en évidence l’un des principaux enjeux des finances publiques congolaises. La capacité de l’État à accroître durablement ses recettes fiscales apparaît déterminante pour financer les dépenses publiques sans accroître excessivement son recours à l’endettement. Alors que les besoins liés aux infrastructures, aux services publics et aux programmes sociaux demeurent importants, le renforcement de la mobilisation des recettes reste l’un des leviers essentiels pour consolider la stabilité budgétaire et soutenir les ambitions de développement économique du pays.
— Peter MOYI




