Rawbank a clôturé 2025 avec un bénéfice net de 521,2 milliards de CDF et un ratio de solvabilité de 15,09 %, au-dessus des exigences réglementaires. Selon son Rapport Pilier III arrêté au 31 décembre 2025, la banque affiche aussi une baisse de 17,1 % de ses crédits nets à la clientèle, signe d’une gestion prudente dans un environnement économique encore exposé aux risques.
Rawbank a terminé l’exercice 2025 avec une structure financière solide, mais un bilan en recul. D’après son Rapport Pilier III 2025, le total du bilan s’est établi à 15 346,2 milliards de CDF, contre 17 215,6 milliards de CDF en 2024, soit une baisse d’environ 10,9 %.
Cette contraction s’explique notamment par la diminution des avoirs auprès des correspondants bancaires étrangers et par une gestion plus sélective de la liquidité. Les avoirs auprès des banques correspondantes sont passés de 7 756,2 milliards de CDF à 5 621,8 milliards de CDF. Dans le même temps, Rawbank a renforcé ses placements financiers. Son portefeuille d’investissement a presque doublé, passant de 1 035,6 milliards de CDF à 2 069,2 milliards de CDF, avec des titres internationaux, des bons de la Banque centrale du Congo et des obligations du Trésor.
Une banque rentable, mais plus prudente sur le crédit
Malgré le recul du bilan, les revenus de Rawbank ont progressé. Le produit net bancaire, qui mesure les revenus générés par l’activité bancaire, a atteint 1 534,1 milliards de CDF en 2025, contre 1 429,3 milliards de CDF une année plus tôt, soit une hausse de 7,3 %.
Cette progression vient surtout des commissions, des opérations de change et des services bancaires. Les produits issus des opérations bancaires diverses ont atteint 796,5 milliards de CDF, contre 581,2 milliards de CDF en 2024. La banque tire donc une part importante de ses revenus des services, au-delà du crédit classique.
Le résultat brut d’exploitation a aussi augmenté de 6,6 %, pour atteindre 792 milliards de CDF. Rawbank a, dans le même temps, réduit ses charges générales d’exploitation, passées de 415,7 milliards de CDF à 397,2 milliards de CDF. Son coefficient d’exploitation ressort à 48,53 %, proche de l’objectif de 45 % inscrit dans son plan stratégique RAW 2030.
La rentabilité finale recule malgré cette bonne tenue opérationnelle. Le bénéfice net s’établit à 521,2 milliards de CDF, contre 591,3 milliards de CDF en 2024, soit une baisse de 11,9 %. Cette diminution s’explique par la hausse de l’impôt sur les bénéfices, passé de 92,1 milliards de CDF à 219,9 milliards de CDF, et par l’augmentation des provisions liées au risque de crédit, passées de 1,7 milliard de CDF à 39,3 milliards de CDF.
Le point le plus sensible reste le crédit. Selon le Rapport Pilier III, les crédits nets à la clientèle ont reculé à 4 656,2 milliards de CDF en 2025, contre 5 617,5 milliards de CDF en 2024. Les crédits bruts ont aussi baissé, passant de 5 805,4 milliards de CDF à 4 814,6 milliards de CDF.
Cette baisse de 17,1 % traduit une politique de prudence. Pour une banque, réduire l’exposition au crédit permet de limiter les pertes possibles lorsque certains emprunteurs ne remboursent pas. Mais pour l’économie congolaise, cette évolution pose une question de fond. Les crédits bancaires financent les entreprises, les PME, le commerce, l’industrie, les ménages et plusieurs secteurs productifs.
La qualité du portefeuille reste suivie de près. Les créances en souffrance brutes atteignent 347,7 milliards de CDF, soit 6,5 % des crédits bruts. Après provisions, elles représentent 189,3 milliards de CDF, soit 3,7 % des crédits nets. Le taux de provisionnement ressort à 46 %, ce qui montre que la banque a constitué des réserves pour couvrir une partie des risques.
Rawbank conserve aussi une base de dépôts importante. Les ressources collectées auprès de la clientèle s’élèvent à 12 066,7 milliards de CDF. La banque indique avoir maintenu une base de dépôts proche de 5 milliards USD pendant plusieurs mois, avec plus de 30 % de parts de marché. Son ratio crédits sur dépôts ressort à 47,8 %, en dessous de sa limite interne de 50 %.
Les ratios prudentiels confirment la solidité financière de l’établissement. Les fonds propres réglementaires atteignent 1 623,3 milliards de CDF. Le ratio de solvabilité global s’établit à 15,09 %, au-dessus des exigences de la Banque centrale du Congo. Le ratio de levier ressort à 8,58 %, contre un minimum réglementaire de 5 %. La liquidité reste également élevée, avec un ratio global de 153,93 %.
Ces indicateurs montrent une banque capable d’absorber des chocs et de respecter les exigences prudentielles. Mais le recul du crédit rappelle aussi que la solidité d’une grande banque prend tout son sens lorsqu’elle soutient davantage l’économie réelle, sans affaiblir la qualité de ses actifs.
M. KOSI






