La République démocratique du Congo a déjà identifié 52 projets dans le cadre de son partenariat stratégique avec les États-Unis. Parmi eux, le Corridor de Lobito s’impose comme l’un des dossiers les plus importants pour le gouvernement congolais, qui y voit un moyen d’améliorer l’évacuation des minerais, de renforcer les échanges régionaux et d’attirer davantage d’investissements.
Intervenant lors d’une conférence organisée à Kinshasa sur les accords stratégiques conclus entre la RDC et les États-Unis, le ministre de l’Économie nationale, Daniel Mukoko Samba, a indiqué que plusieurs projets prioritaires ont déjà été introduits dans le cadre de cette coopération. L’objectif est d’accompagner la transformation économique du pays à travers des investissements ciblés dans les infrastructures, les ressources naturelles, la sécurité et le développement humain.
Le Corridor de Lobito occupe une place particulière dans cette stratégie. Ce projet vise à moderniser les infrastructures ferroviaires, routières et logistiques reliant les provinces minières du sud-est de la RDC au port angolais de Lobito, sur la côte atlantique. Pour les autorités congolaises, cette connexion constitue une alternative importante aux routes d’exportation actuelles. Elle devrait permettre de réduire les coûts de transport, de raccourcir les délais d’acheminement des marchandises et de renforcer la compétitivité des exportations minières du pays sur les marchés internationaux.
Selon Daniel Mukoko Samba, l’importance accordée à ce corridor est également liée aux dispositions prévues dans l’accord stratégique signé avec Washington. L’article 11 du texte prévoit notamment des mécanismes destinés à faciliter l’accès aux minerais critiques, devenus indispensables dans les industries des batteries, des véhicules électriques et des nouvelles technologies. Pour tirer pleinement profit de cette demande mondiale croissante, la RDC doit disposer d’infrastructures capables d’assurer un transport rapide et sécurisé de ses ressources.
Le ministre a expliqué que les 52 projets recensés sont répartis en trois catégories. La première concerne les projets liés à la réserve stratégique adaptative, principalement orientés vers l’exploitation des ressources naturelles et la sécurisation des minerais critiques. La deuxième regroupe les projets stratégiques assimilés, pouvant être développés avec différents partenaires publics ou privés. La troisième catégorie rassemble les projets stratégiques désignés directement par la RDC selon ses propres priorités de développement.
Dans cette logique, l’article 5 de l’accord accorde une attention particulière aux projets identifiés par le gouvernement congolais lui-même. Ces initiatives concernent notamment le développement des infrastructures, le renforcement de la sécurité, la consolidation de la paix ainsi que les investissements dans le capital humain. Pour Kinshasa, l’enjeu consiste à faire en sorte que cette coopération dépasse le seul cadre de l’exploitation minière et contribue également à soutenir la croissance de plusieurs secteurs de l’économie.
Les autorités souhaitent aussi utiliser ce partenariat comme un levier pour accélérer l’industrialisation du pays et favoriser la transformation locale des matières premières. Daniel Mukoko Samba estime que cette ambition dépendra avant tout de la capacité des acteurs congolais à investir dans des unités de transformation et à développer des activités industrielles sur le territoire national. « La valorisation locale ne sera pas imposée de l’extérieur. Elle dépendra de notre capacité à investir, à innover et à développer des activités industrielles capables de transformer nos ressources sur place », a-t-il déclaré.
Le ministre a enfin invité les opérateurs économiques congolais à participer activement aux opportunités qui découleront de cette coopération. Selon lui, l’implication du secteur privé national sera déterminante pour permettre à la RDC de capter une part plus importante de la valeur créée autour de ses ressources naturelles. Dans un contexte où la demande mondiale en minerais stratégiques continue d’augmenter, le Corridor de Lobito apparaît ainsi comme l’un des principaux projets appelés à renforcer la place de la RDC dans les chaînes d’approvisionnement internationales tout en soutenant la modernisation de son économie.
— M. KOSI






