Ivanhoe Mines maintient ses ambitions de croissance en République démocratique du Congo, malgré les contraintes énergétiques, les pressions sur les coûts et les ajustements techniques opérés sur le complexe cuprifère de Kamoa-Kakula. Dans un entretien accordé à Smith Weekly, Marna Cloete, présidente-directrice générale du groupe, a présenté les dernières évolutions des opérations minières du groupe en RDC et en Afrique australe.
Au premier trimestre 2026, Kamoa-Kakula a produit un peu plus de 71 000 tonnes de cuivre sous forme d’anodes et de blister. Le complexe a généré un EBITDA de 191 millions USD pour Ivanhoe Mines sur la période. La société indique également que ses coûts de production ont évolué favorablement, avec un coût cash C1 de 2,58 USD par livre, notamment grâce à un marché très porteur de l’acide sulfurique.
L’un des principaux leviers de croissance reste la montée en puissance de la fonderie de Kamoa-Kakula, un investissement de plus de 1 milliard USD. Mise en service progressivement depuis fin 2025, cette infrastructure fonctionne déjà à environ 60 % de sa capacité. Elle doit permettre de réduire les volumes de concentrés transportés vers les ports, de diminuer les coûts logistiques et d’augmenter la valeur ajoutée créée localement.
La fonderie produit également de l’acide sulfurique, un sous-produit devenu très rentable dans le contexte actuel. Ivanhoe indique avoir initialement modélisé ce produit à 150 USD la tonne, avant de réaliser plus de 400 USD la tonne au premier trimestre. Le groupe affirme même négocier de nouveaux contrats au-dessus de 700 USD la tonne, ce qui pourrait améliorer davantage la rentabilité du complexe.
Sur le plan énergétique, Ivanhoe poursuit sa stratégie de diversification. Le groupe a investi dans la réhabilitation de certaines infrastructures hydroélectriques en partenariat avec le gouvernement congolais. Il développe également un important projet solaire à Kamoa-Kakula, avec l’objectif de disposer progressivement de l’équivalent de 60 MW d’énergie solaire constante entre juin et août 2026.
Cette stratégie vise à réduire l’exposition du groupe aux coûts du diesel et aux perturbations d’approvisionnement, dans un contexte où l’énergie demeure l’un des principaux défis du secteur minier congolais.
Malgré les ajustements consécutifs à l’incident sismique survenu à Kakula en 2025, Ivanhoe maintient une trajectoire de croissance. Pour 2026, la production attendue se situe entre 380 000 et 420 000 tonnes de cuivre. En 2027, le groupe prévoit environ 100 000 tonnes supplémentaires, avant d’atteindre une production supérieure à 500 000 tonnes par an à partir de 2028.
Marna Cloete a précisé que l’entreprise mène actuellement des travaux géotechniques et hydrogéologiques afin de sécuriser durablement le plan minier. Une nouvelle étude de faisabilité couvrant les cinq premières années de production est attendue début 2027.
À Kipushi, autre actif stratégique d’Ivanhoe en RDC, la société affiche également des résultats encourageants. La mine a produit plus de 65 000 tonnes de zinc en concentré au premier trimestre 2026. Les prévisions annuelles se situent entre 240 000 et 280 000 tonnes de zinc. Le minerai affiche une teneur moyenne particulièrement élevée, autour de 37 %, avec des taux de récupération supérieurs à 90 %.
Là encore, l’énergie reste un défi. Ivanhoe prévoit d’ajouter 10 MW de solaire à Kipushi dans les douze prochains mois afin d’améliorer la stabilité de l’approvisionnement électrique.
Au-delà des opérations existantes, Ivanhoe poursuit un vaste programme d’exploration, notamment dans le Western Foreland, à proximité immédiate de Kamoa-Kakula. Le groupe prévoit 96 000 mètres de forage en 2026, son plus grand programme annuel jamais réalisé sur cette zone. Les travaux portent notamment sur Makoko, Makoko West, Makoko Central et leurs extensions.
Pour Ivanhoe, ces travaux pourraient ouvrir la voie à l’émergence d’un nouveau district minier autour de Kamoa-Kakula. Le groupe mène également des programmes d’exploration en Angola, en Zambie et au Kazakhstan, sur des formations géologiques comparables.
Sur le plan financier, Ivanhoe disposait de près de 700 millions USD de trésorerie à la fin du premier trimestre 2026. La société devra toutefois contribuer au financement de certains travaux de redéveloppement à Kamoa-Kakula, aux côtés de son partenaire Zijin Mining.
À travers Kamoa-Kakula et Kipushi, Ivanhoe Mines confirme ainsi le rôle stratégique de la RDC dans son portefeuille mondial. Le groupe mise sur la montée en puissance de la fonderie, l’amélioration de son mix énergétique et l’exploration pour consolider sa position parmi les grands producteurs de cuivre et de zinc en Afrique.
Par M. KOSI










