Réunie à Abuja, au Nigeria, à l’occasion de la 18ᵉ réunion ordinaire du Conseil des ministres de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), la République démocratique du Congo a appelé les États membres à accélérer la mise en œuvre effective de l’accord commercial africain. Pour Kinshasa, l’une des principales priorités consiste désormais à finaliser les listes de concessions tarifaires, considérées comme un préalable indispensable à l’ouverture réelle du marché continental.
Conduite par le ministre du Commerce extérieur, la délégation congolaise a rappelé que la ZLECAf ne pourra produire les effets attendus sur le commerce, l’industrialisation et la croissance économique que si les engagements pris sont rapidement traduits en mesures opérationnelles.
La RDC estime que l’absence de listes tarifaires définitives constitue aujourd’hui l’un des principaux freins à l’application de l’accord. Tant que ces documents ne sont pas validés par l’ensemble des États parties, les administrations douanières ne peuvent appliquer les réductions de droits de douane prévues, retardant ainsi la circulation des marchandises entre les pays africains.
Pour Kinshasa, cette étape technique dépasse le simple cadre administratif. Elle conditionne directement la capacité des entreprises africaines à accéder à un marché continental de plus de 1,3 milliard de consommateurs, tout en favorisant l’émergence de chaînes de valeur régionales et le développement d’une industrie davantage tournée vers la transformation locale.
Le gouvernement congolais considère que la mise en œuvre effective des concessions tarifaires permettra de réduire les coûts des échanges, de stimuler les investissements productifs et d’offrir de nouveaux débouchés aux entreprises congolaises, notamment dans les secteurs industriel, agricole et manufacturier.
Au-delà des questions commerciales, la RDC a également manifesté son intérêt pour accueillir sur son territoire l’un des organes de la ZLECAf. Les autorités congolaises se disent prêtes à satisfaire aux critères exigés afin de renforcer le rôle du pays dans la gouvernance de l’intégration économique africaine.
Cette position s’inscrit dans une stratégie plus large visant à faire de la RDC un acteur majeur du commerce régional. Situé au carrefour de neuf pays, le pays dispose d’un potentiel logistique important, mais devra encore améliorer ses infrastructures de transport, moderniser ses procédures douanières et renforcer la compétitivité de son économie pour tirer pleinement profit du marché unique africain.
Pour Kinshasa, l’intégration économique du continent ne doit plus rester un projet politique. Elle doit désormais se traduire par des échanges commerciaux plus fluides, une industrialisation accrue et davantage d’opportunités pour les entreprises africaines.
— M. KOSI









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