Les principales régies financières de la République démocratique du Congo ont mobilisé 1.467,8 milliards de francs congolais, soit plus de 650 millions USD, au 26 juin 2026, selon les dernières données de la Banque centrale du Congo (BCC). Mais ce niveau de recettes reste largement inférieur aux dépenses publiques exécutées sur la même période, évaluées à 2.880,2 milliards de CDF.
D’après le tableau de suivi de la situation financière de l’État publié par l’institut d’émission, la Direction générale des impôts (DGI) demeure le premier contributeur aux recettes publiques. Elle a mobilisé 613,0 milliards de CDF, provenant principalement des impôts directs et indirects. La Direction générale des douanes et accises (DGDA) arrive en deuxième position avec 517,2 milliards de CDF, issus des droits de douane et des accises, tandis que la Direction générale des recettes administratives, judiciaires, domaniales et de participations (DGRAD) a généré 337,7 milliards de CDF au titre des recettes parafiscales.
Cette répartition confirme le poids central des trois administrations dans le financement du budget de l’État. La DGI représente environ 42 % des recettes mobilisées par les régies, contre près de 35 % pour la DGDA et environ 23 % pour la DGRAD. Ces performances restent suivies de près, dans un contexte où le gouvernement cherche à renforcer la mobilisation des recettes intérieures pour financer ses priorités économiques et sociales.
Des dépenses publiques presque deux fois supérieures aux recettes
Le principal point d’attention reste l’écart entre les recettes collectées par les régies et les dépenses publiques exécutées. Au 26 juin 2026, les dépenses de l’État ont atteint 2.880,2 milliards de CDF, soit près du double des recettes mobilisées par la DGI, la DGDA et la DGRAD. Autrement dit, les recettes des régies ne couvrent qu’environ la moitié des dépenses exécutées sur la période.
Les salaires des agents et fonctionnaires de l’État constituent le premier poste de décaissement, avec 1.143,9 milliards de CDF. Ce niveau confirme le poids important de la masse salariale dans les finances publiques. Les frais financiers, liés notamment au service de la dette et à d’autres charges financières, se sont établis à 90,8 milliards de CDF.
Ces données montrent que la mobilisation des recettes progresse, mais reste insuffisante face aux besoins de financement de l’État. Dans un tel contexte, la capacité du gouvernement à élargir l’assiette fiscale, renforcer la lutte contre la fraude, améliorer le recouvrement et mieux maîtriser les dépenses demeure déterminante pour préserver l’équilibre des finances publiques.
La publication régulière de la note de conjoncture économique de la BCC permet ainsi de suivre l’évolution de la trésorerie de l’État, les performances des régies financières et les tensions éventuelles entre recettes et dépenses. Pour les finances publiques congolaises, l’enjeu reste clair : accroître durablement les recettes intérieures sans alourdir excessivement la pression sur les entreprises et les ménages.
— M. MASAMUNA









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