La future ville de Kiamona, à Kinshasa, pourrait accueillir un port moderne inspiré du modèle du Port d’Anvers. Un protocole d’accord a été signé, jeudi 2 juillet 2026, entre la firme belge Port d’Anvers et le Comité stratégique pour la supervision du projet d’extension de la ville de Kinshasa (CSSPVK), selon un communiqué du ministère de l’Urbanisme et Habitat transmis à l’ACP.
Cet accord vise à accompagner la conception et le développement d’une infrastructure portuaire appelée à soutenir l’extension urbaine de Kinshasa. Le projet s’inscrit dans la stratégie de création de la nouvelle ville de Kiamona, dont l’ambition est de structurer une partie de la croissance future de la capitale autour d’infrastructures mieux planifiées.
La signature s’est déroulée au cabinet du ministre d’État, ministre de l’Urbanisme et Habitat, Alexis Gisaro Muvunyi, en présence des différentes parties prenantes. Le communiqué précise que la société belge PAMPILIE BV assurera les fonctions de développeur stratégique et d’intégrateur du projet.
Un projet portuaire au service de l’extension de Kinshasa
Le futur port devrait contribuer à renforcer les capacités logistiques de Kinshasa, une ville dont la croissance démographique et économique exerce une forte pression sur les infrastructures existantes. En s’appuyant sur l’expérience du Port d’Anvers, les parties prenantes veulent développer une infrastructure moderne, capable d’accompagner les besoins de transport, de commerce et d’aménagement de la nouvelle ville de Kiamona.
Dans ce dispositif, PAMPILIE BV aura pour mission de coordonner les différentes étapes de mise en œuvre, de mobiliser les expertises nécessaires et de veiller à la cohérence technique et stratégique du projet. Cette fonction d’intégration sera déterminante, car un port moderne ne dépend pas seulement de ses quais ou de ses équipements. Il exige aussi une connexion efficace avec les routes, les zones logistiques, les espaces industriels et les circuits de distribution.
L’enjeu économique est donc important pour Kinshasa. Une infrastructure portuaire bien conçue pourrait améliorer la circulation des marchandises, soutenir l’activité de la future ville de Kiamona et créer de nouvelles opportunités pour les entreprises locales. Toutefois, le protocole d’accord constitue encore une phase préparatoire. Les prochaines étapes devront préciser le calendrier, le modèle de financement, les études techniques et le cadre de gouvernance du projet.
Le modèle d’Anvers comme référence logistique
Le choix du Port d’Anvers comme référence traduit la volonté de s’inspirer d’un modèle portuaire reconnu. Situé en Belgique, le port d’Anvers est présenté dans le communiqué comme le deuxième plus grand port d’Europe après Rotterdam. Il traite plus de 200 millions de tonnes de fret par an et figure parmi les grands ports à conteneurs au monde.
Pour la RDC, l’intérêt d’un tel partenariat réside dans le transfert d’expertise. Il ne s’agit pas seulement de construire un port, mais de mettre en place une infrastructure capable de répondre aux standards modernes de gestion, de fluidité, de sécurité et de performance logistique. Dans une capitale où les besoins en mobilité, en stockage et en distribution augmentent rapidement, un port bien intégré pourrait devenir un levier de développement urbain et économique.
La réussite du projet dépendra cependant de sa capacité à s’insérer dans une vision plus large de l’aménagement de Kinshasa. Kiamona devra être pensée comme un espace urbain structuré, avec des infrastructures de base, des accès maîtrisés et une planification capable d’éviter les désordres observés dans plusieurs zones d’expansion de la capitale.
Si cette dynamique est bien conduite, le futur port de Kiamona pourrait devenir l’un des équipements structurants de la nouvelle ville. Il pourrait aussi renforcer le rôle de Kinshasa comme plateforme commerciale intérieure, à condition que le projet avance avec transparence, cohérence technique et suivi institutionnel rigoureux.
— M. KOSI









Votre avis compte
Une precision, un chiffre a corriger, une experience terrain ou une question utile ? Votre commentaire peut enrichir le debat economique.