Les mines de charbon ont émis environ 34,7 millions de tonnes de méthane en 2023, mais 89 % de ce volume n’a pas été déclaré cette année-là à la Convention des Nations Unies sur le climat. Ember estime que les technologies existantes pourraient réduire ces rejets de 54 % à 63 % d’ici 2030.
La production mondiale de charbon a augmenté sans provoquer de baisse mesurable des émissions de méthane associées aux activités minières. Depuis l’adoption du Global Methane Pledge en 2021, la production est passée de 8,1 milliards à plus de 8,65 milliards de tonnes en 2023, soit une progression d’environ 8 %.
Sur la même période, les émissions estimées de méthane des mines de charbon sont restées proches de 35 millions de tonnes par an. Elles ont atteint 34,7 millions de tonnes en 2023, en hausse de 0,6 % par rapport à 2021, selon la première édition du Global Coal Mine Methane Review publiée par le centre de recherche Ember le 29 avril 2026.
Le méthane piège environ 80 fois plus de chaleur que le dioxyde de carbone durant les vingt premières années suivant son émission. Les mines de charbon représenteraient près du tiers des émissions de méthane provenant des combustibles fossiles.
Le graphique présenté à la page 13 du rapport montre que la production charbonnière a progressé plus rapidement que les émissions déclarées. Ember estime cependant que cette évolution ne prouve pas une amélioration équivalente des performances environnementales. La baisse apparente de l’intensité repose en partie sur des changements de méthodes de calcul, sur le déplacement de la production vers des bassins moins gazeux et sur le développement des mines à ciel ouvert.
Seulement 23 pays ont transmis des données en 2023
Sur les 73 pays ayant produit du charbon en 2023, seulement 23 ont communiqué des données relatives au méthane minier à la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques. Leurs déclarations totalisaient 3,8 millions de tonnes, soit environ 11 % des émissions mondiales reconstituées par Ember.
Près de 31 millions de tonnes n’ont donc pas été déclarées pour cette seule année. Parmi les neuf principaux producteurs mondiaux, seuls trois avaient transmis leurs chiffres. La Chine, l’Inde, l’Indonésie, les États-Unis, l’Afrique du Sud et le Kazakhstan ne disposaient pas de déclaration officielle pour 2023 dans les données examinées.
Les inventaires nationaux reposent encore largement sur des coefficients génériques appliqués aux volumes de charbon produits. Selon Ember, 87 % de la production mondiale est couverte par des méthodes de niveau 1 ou 2, fondées sur des estimations globales, nationales ou régionales plutôt que sur des mesures directes réalisées dans chaque mine.
Les différentes méthodes produisent des résultats très éloignés. Les estimations indépendantes situent les émissions mondiales annuelles entre 23 millions et 56 millions de tonnes. L’Agence internationale de l’énergie les évaluait à 35,7 millions de tonnes en 2024, tandis que Global Energy Monitor avançait 55,7 millions de tonnes pour les mines actives.
L’Afrique du Sud illustre l’ampleur de ces écarts. À partir des données officielles disponibles, Ember estime les émissions sud-africaines à environ 60 000 tonnes en 2024. L’estimation de l’AIE est toutefois supérieure de 2 300 %, celle de Global Energy Monitor de 1 800 % et l’évaluation satellitaire examinée dans le rapport de 250 %. Le pays ne comptabilise pas les émissions provenant de ses mines à ciel ouvert.
Sept pays concentreraient 94 % des émissions mondiales, selon la reconstitution d’Ember. La Chine représenterait à elle seule 76 % du total, avec environ 26,46 millions de tonnes en 2023.
Plus de la moitié des émissions pourraient être évitées
Les solutions nécessaires ne sont pas uniquement expérimentales. Ember estime, en s’appuyant sur les travaux de l’AIE et du Programme des Nations Unies pour l’environnement, que les technologies disponibles peuvent réduire de 54 % à 63 % les émissions actuelles avant 2030.
Environ 12 % du potentiel de réduction serait accessible sans coût net, car le méthane récupéré peut être utilisé comme combustible ou vendu. Les systèmes de drainage offrent un potentiel de réduction estimé à 7,46 millions de tonnes, dont 62 % pourrait générer davantage de revenus que de coûts d’exploitation.
Le traitement du méthane contenu dans l’air de ventilation des mines souterraines demanderait davantage de capitaux. Un investissement d’environ 2,5 milliards USD permettrait toutefois de réduire les émissions mondiales de près de 9,5 millions de tonnes, soit 23,7 % du niveau estimé en 2024.
Malgré ces possibilités, seulement 130 des quelque 1 800 mines actives recensées avaient déclaré un projet de réduction au Global Methane Initiative. Le déploiement reste donc très inférieur au potentiel technique identifié.
La surveillance satellitaire progresse. Le nombre de panaches associés aux mines est passé de 101 en 2019 à 1 509 en 2024. Pourtant, les satellites n’ont encore observé que 10 % de la production mondiale de charbon dur, alors que 71 % se trouve dans des zones présentant des conditions favorables à la détection.
Ember recommande aux gouvernements d’imposer des mesures continues au niveau de chaque mine, de publier annuellement les émissions par site et de comparer les déclarations des exploitants avec les données satellitaires. La prochaine échéance sera la remise des rapports biennaux de transparence prévue en 2026, qui devra montrer si les principaux pays producteurs réduisent le déficit de déclaration.
— M. MASAMUNA









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