L’offensive chinoise sur l’or africain connaît un sérieux revers. Le projet de rachat du canadien Allied Gold par Zijin Gold International, évalué à près de 4 milliards de dollars, a été abandonné après plusieurs mois de négociations. En toile de fond, les exigences des autorités chinoises et les incertitudes entourant l’environnement politique et sécuritaire au Mali ont fini par faire échouer l’une des plus importantes transactions minières de l’année.
Annoncée en janvier, l’opération devait permettre à Zijin Gold International, filiale du géant Zijin Mining, d’acquérir Allied Gold pour 5,5 milliards de dollars canadiens. Le groupe canadien détient des actifs stratégiques en Afrique, notamment la mine de Sadiola au Mali, le complexe Bonikro-Agbaou en Côte d’Ivoire ainsi que le projet Kurmuk en Éthiopie.
A en croire Zijin, cette acquisition représentait une étape majeure dans sa stratégie d’expansion internationale. En intégrant ces actifs, le groupe chinois espérait porter son portefeuille à douze mines d’or réparties sur plusieurs continents et franchir le cap des 100 tonnes de production annuelle, consolidant ainsi sa position parmi les principaux producteurs mondiaux.
Selon Financial Times, la Commission nationale du développement et de la réforme (NDRC) a exigé que les deux entreprises obtiennent des autorités maliennes une garantie écrite assurant que la mine de Sadiola ne ferait l’objet d’aucune mesure de saisie après le changement de propriétaire. Dans le contexte actuel du Mali, où l’État a renforcé son contrôle sur le secteur minier et où les défis sécuritaires demeurent importants, une telle garantie s’est révélée hors de portée.
Le 29 juillet, les deux groupes ont donc annoncé l’abandon, d’un commun accord, de leur projet de fusion, estimant qu’il n’existait plus de « perspective raisonnable » de satisfaire les conditions nécessaires à la finalisation de la transaction dans des délais acceptables.
Si le rachat est abandonné, Pékin ne tourne pas complètement la page. Zijin Gold International investira 295 millions de dollars pour acquérir 9,2 % du capital d’Allied Gold.
Cette prise de participation permet au groupe chinois de préserver un accès stratégique à un producteur disposant d’actifs de premier plan en Afrique, tout en illustrant la prudence croissante de Pékin face aux risques géopolitiques qui entourent désormais plusieurs juridictions minières du continent.
Eldad B.









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