L’Agence congolaise des grands travaux prévoit d’achever la réhabilitation et la modernisation des 850 kilomètres reliant Mbuji-Mayi à Nguba à la fin de 2027, avec une marge pouvant aller jusqu’au début de 2028. Sur le lot Nguba–Lubudi, long d’environ 146 kilomètres, les travaux de revêtement approchent de leur phase finale.
La République démocratique du Congo veut achever d’ici fin 2027 la modernisation des 850 kilomètres de la Route nationale numéro 1 entre Mbuji-Mayi et Nguba. Cet axe doit améliorer la liaison entre le centre du pays et le sud-est minier, en traversant notamment le Kasaï-Oriental, la Lomami, le Haut-Lomami et le Lualaba. L’Agence congolaise des grands travaux, chargée du pilotage du projet, présente le calendrier comme maintenu, même si certaines de ses communications évoquent une livraison possible au début de 2028.
Les travaux sont répartis en plusieurs lots. Sur le lot 6, qui relie Nguba à Lubudi sur près de 146 kilomètres, les opérations de revêtement en asphalte sont annoncées dans leur dernière phase. Une communication du ministère des Infrastructures avait précédemment situé le taux d’exécution physique de cette section à 65 %, tandis que l’ACGT indique que les entreprises Sinohydro 11 et CREC 7 ont atteint les objectifs qui leur avaient été assignés.
Le chantier ne reproduit pas entièrement l’ancien tracé. Plusieurs redressements sont réalisés pour réduire les courbes et améliorer la circulation, notamment autour de Kamukishi, où une section plus rectiligne doit rejoindre le village de Buyofue. Dans les agglomérations traversées, des caniveaux en maçonnerie sont également aménagés afin de faciliter l’écoulement des eaux et de protéger la chaussée contre les dégradations liées au ruissellement.
Relier les bassins miniers aux centres de consommation
Sur le lot 5, compris entre Lubudi et Kabondo-Dianda, les équipes travaillent encore à maintenir la praticabilité de l’axe avant l’extension des opérations de modernisation. L’ensemble du projet est réalisé dans le cadre du programme sino-congolais, avec Sicomines comme maître d’ouvrage délégué et l’ACGT chargée du suivi technique. Les travaux sur le corridor Mbuji-Mayi–Nguba avaient été officiellement relancés en 2024 dans le cadre de la révision de la coopération sino-congolaise.
L’intérêt économique du projet dépasse la seule réhabilitation routière. La RN1 doit faciliter les déplacements entre Mbuji-Mayi, Mwene-Ditu, Kabinda, Kamina, Lubudi et les axes conduisant vers Kolwezi et Lubumbashi. Elle pourrait réduire les délais de transport des marchandises, améliorer l’approvisionnement des marchés intérieurs et offrir une liaison plus régulière entre les bassins agricoles du centre et les zones minières du sud-est.
L’ACGT envisage également une reprise plus structurée du transport de passagers et de marchandises entre Kamina et Lubumbashi. Pour les opérateurs économiques, une route praticable toute l’année peut réduire les pannes, les pertes de cargaisons et les coûts liés aux détours ou à l’utilisation de tronçons fortement dégradés. Le maintien de l’infrastructure après sa livraison constituera toutefois un autre défi. Le Fonds national d’entretien routier prévoit l’installation de stations de péage et de pesage sur les 850 kilomètres. Le pesage doit notamment limiter la circulation des camions en surcharge, l’une des causes de détérioration accélérée des routes, tandis que les recettes de péage devraient contribuer au financement de l’entretien.
Le calendrier général reste ambitieux au regard de la longueur du corridor et des différences d’avancement entre les lots. La crédibilité de l’échéance de fin 2027 dépendra de la progression simultanée des sections encore en terrassement, du décaissement des financements et de la capacité des entreprises à travailler pendant les saisons pluvieuses. La publication régulière du taux d’exécution de chacun des six lots permettrait de mesurer plus précisément la distance restant à moderniser avant la mise en service complète de l’axe.
— M. MASAMUNA









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