La République démocratique du Congo dispose d’environ 7 000 kilomètres de fibre optique et prévoit d’en ajouter 11 500 pour dépasser 18 500 kilomètres. Le Gouvernement veut connecter les 145 territoires d’ici 2030, mais le faible décaissement des financements extérieurs ralentit encore le programme.
Le Gouvernement congolais veut presque tripler la longueur de son réseau national de fibre optique. Le pays disposerait actuellement d’environ 7 000 kilomètres de câbles, tandis que 11 500 kilomètres supplémentaires sont prévus pour porter le total à plus de 18 500 kilomètres.
L’objectif affiché est de connecter les 145 territoires de la République démocratique du Congo à l’horizon 2030. Cette extension doit améliorer la couverture numérique, réduire les disparités entre les grandes villes et les zones moins desservies, puis renforcer la capacité du pays à développer les services publics numériques, les paiements électroniques et l’accès à Internet.
Le projet suppose cependant un rythme de déploiement élevé. Ajouter 11 500 kilomètres en quatre ans représente en moyenne près de 2 875 kilomètres de fibre par an, selon un calcul de Lepoint.cd. Ce rythme est important pour un pays caractérisé par de longues distances, des infrastructures routières limitées et des coûts élevés de génie civil.
Le financement reste le principal point de fragilité
Le ministre des Postes et Télécommunications reconnaît que les financements extérieurs mobilisés pour le secteur enregistrent un faible taux de décaissement. Cette situation limite la capacité de l’État à transformer rapidement les annonces en chantiers exécutés.
Le Gouvernement demande ainsi des moyens financiers exceptionnels pour accélérer le programme. Sans décaissements plus rapides, le calendrier de 2030 risque de dépendre d’arbitrages budgétaires, de partenariats avec le secteur privé et de la capacité à coordonner les différents projets de connectivité.
Le financement ne constitue pas l’unique difficulté. L’extension du réseau devra aussi tenir compte de la sécurisation des câbles, de la maintenance, de l’alimentation électrique des équipements et de l’interconnexion effective avec les opérateurs télécoms. Une fibre installée mais mal entretenue ou insuffisamment raccordée aux réseaux locaux ne garantit pas, à elle seule, un meilleur service pour les usagers.
La réussite du programme devra donc être mesurée à partir de plusieurs indicateurs, notamment le nombre de territoires réellement connectés, la capacité effectivement disponible, la baisse du coût de la connectivité et la qualité du service offert aux administrations, aux entreprises et aux ménages.
La prochaine étape attendue concerne la publication d’un calendrier détaillé des travaux, des sources de financement et du niveau de décaissement par projet. Ces données permettront de déterminer si l’objectif de plus de 18 500 kilomètres d’ici 2030 repose sur des moyens déjà disponibles ou sur des financements encore à mobiliser.
— M. MASAMUNA









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