Matadi Corridor Terminaux à Conteneurs modernise les quais 5, 6 et 7 du port de Matadi avec un nouveau quai d’environ 350 mètres et sept hectares de plateforme logistique réhabilités. MCTC affiche une capacité cible de 400 000 EVP par an en 2027, soit environ le double du niveau de référence de 200 000 EVP.
Le terminal à conteneurs du port de Matadi entre dans une profonde transformation de ses infrastructures. MCTC, concessionnaire des quais 5, 6 et 7, a confié à Eiffage Génie Civil Marine la rénovation et l’extension du terminal dans le cadre d’un marché de conception-construction supérieur à 100 millions d’euros. Le programme comprend notamment un nouveau quai sur pieux, la réhabilitation de la plateforme logistique et la construction de nouveaux bâtiments d’exploitation.
Le projet transmis à Lepoint.cd évoque un programme global de 250 millions USD. Cette valeur doit cependant être distinguée du contrat de travaux actuellement documenté par le constructeur. Eiffage chiffre son propre marché à plus de 100 millions d’euros et annonce une durée contractuelle de 27 mois. En janvier 2026, l’entreprise a confirmé l’installation du premier pieu du nouveau quai et précisé que les travaux se poursuivent alors que le terminal existant reste opérationnel.
Un quai d’environ 350 mètres et sept hectares reconstruits

Le marché prévoit un quai sur pieux d’environ 350 mètres de long et 30 mètres de large, installé devant les quais 5, 6 et 7. Dans sa mise à jour de janvier 2026, Eiffage donne une longueur d’exécution de 347 mètres. Trois passerelles doivent relier cette nouvelle infrastructure au terminal existant. Un bâtiment d’exploitation, un atelier et la réhabilitation de sept hectares de plateforme logistique complètent les travaux.
MCTC présente cette modernisation comme la base d’une montée de sa capacité à 400 000 EVP par an à l’horizon 2027. Une publication consacrée au projet situe le niveau de référence autour de 200 000 EVP par an, ce qui correspondrait à un doublement de la capacité du terminal si l’objectif est effectivement atteint. Cette donnée diffère donc de la hausse de 40 % évoquée dans le document initial transmis à Lepoint.cd.
Le chantier prévoit également une forte utilisation de main-d’œuvre locale. Eiffage affirme que plus de 90 % des travailleurs mobilisés sur le site doivent être recrutés localement. MCTC indique de son côté que plus de 500 emplois sont mobilisés pendant les travaux et que le terminal modernisé devrait compter environ 200 emplois permanents. L’entreprise indique également avoir intégré une centaine d’anciens agents de l’ONATRA au démarrage de ses opérations en novembre 2024.
La concession elle-même porte sur une durée initiale de 20 ans, renouvelable pour dix années supplémentaires. Elle s’inscrit dans le partenariat conclu entre les autorités congolaises et les partenaires liés à MSC pour l’aménagement, l’équipement et l’exploitation des activités conteneurisées à Matadi. La Primature indiquait dès mars 2023 que l’objectif était notamment d’améliorer les conditions d’exploitation du terminal et de réduire les coûts liés aux flux d’importation et d’exportation.
La performance du terminal devra se mesurer sur les délais et les coûts
L’intérêt économique du projet dépasse la taille physique du quai. Matadi constitue une porte d’entrée importante pour les marchandises destinées à Kinshasa et à l’ouest de la RDC. Une capacité portuaire plus élevée peut réduire les contraintes sur les importateurs si elle s’accompagne d’une amélioration mesurable des délais de traitement, de la disponibilité des équipements et de la circulation des conteneurs hors du terminal.
Le projet prévoit également une connexion avec le corridor Matadi-Kinshasa et une modernisation des outils de gestion du terminal. Le document transmis mentionne notamment des infrastructures ferroviaires, un data centre et de la fibre optique destinés à renforcer le suivi des opérations. Ces équipements doivent encore être appréciés à travers leur mise en service effective et leur utilisation dans la chaîne logistique.
Pour les entreprises industrielles, l’effet potentiel se situe surtout du côté du coût et de la prévisibilité des importations. Machines, équipements industriels, pièces détachées, produits chimiques et autres intrants transitent par les infrastructures portuaires congolaises. Un traitement plus rapide des marchandises peut réduire les frais de stockage et le capital immobilisé pendant l’attente. Cet effet dépendra toutefois de l’ensemble du corridor, notamment des formalités douanières, du transport routier et ferroviaire ainsi que des conditions de navigation sur le fleuve.
MCTC affiche par ailleurs Bodom Matungulu comme président de son conseil d’administration et Christian Ngoy comme directeur général. L’entreprise est enregistrée en RDC et exploite les quais concernés dans le cadre de la concession.
À ce stade, les indicateurs à surveiller sont donc précis. Le chantier devra atteindre son calendrier contractuel, le nouveau quai devra entrer en exploitation et le terminal devra se rapprocher de sa cible de 400 000 EVP annuels. La réduction réelle du temps de séjour des conteneurs et du coût de passage portuaire permettra ensuite de mesurer la contribution de cette modernisation à la compétitivité logistique de la RDC.
— M. MASAMUNA









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