L’ANSER a attribué provisoirement à Angélique International Limited le marché de construction de la centrale hydroélectrique de Mbombo, au Kasaï-Central, pour 192,588 millions USD hors taxes. D’une puissance prévue de 20,08 MW, l’ouvrage doit renforcer l’approvisionnement électrique de Kananga, sous réserve notamment de la finalisation de son financement.
Le projet hydroélectrique de Mbombo dispose désormais d’un coût de référence. Par une décision d’attribution provisoire signée le 10 août 2026, l’Agence nationale de l’électrification et des services énergétiques en milieux rural et périurbain a retenu Angélique International Limited pour réaliser l’ouvrage à 192 588 242 USD hors taxes. La future centrale, implantée sur la rivière Lulua, doit développer une puissance installée de 20,08 MW destinée principalement à Kananga et à ses environs.
Cette attribution intervient quelques jours après la signature, le 4 août, d’un contrat EPC entre l’ANSER et l’entreprise indienne. Le dispositif couvre l’ingénierie, l’approvisionnement des équipements et la construction de la centrale. Le projet prévoit quatre groupes de production d’environ 5,02 MW chacun, auxquels doivent s’ajouter les ouvrages de génie civil, les accès au site et les équipements nécessaires à l’évacuation de l’électricité.
Un projet de près de 9,6 millions USD par MW installé
Rapporté à la puissance annoncée, le montant du marché correspond à environ 9,59 millions USD par MW installé, selon un calcul de Lepoint.cd. Ce ratio doit toutefois être interprété avec prudence, puisque le contrat ne porte pas uniquement sur les équipements de production. Il intègre également le barrage, les travaux hydrauliques, les infrastructures connexes et les installations nécessaires au transport de l’énergie jusqu’au réseau de desserte.
Le montage financier reste l’un des points déterminants du projet. Le schéma présenté prévoit que le Fonds de promotion de l’industrie prenne en charge 30 % du financement, tandis que les 70 % restants doivent être couverts par une banque commerciale. Sur la base du montant provisoire du marché, cette répartition représenterait environ 57,78 millions USD pour la première composante et 134,81 millions USD pour la seconde, selon un calcul de Lepoint.cd.
Ces montants restent indicatifs tant que les conventions financières définitives ne sont pas entièrement bouclées. L’attribution du marché ne signifie donc pas encore que l’ensemble des ressources nécessaires à la construction ont été effectivement mobilisées.
Le projet est porté par Hydro Mbombo SAS, société créée en juillet 2026 par l’ANSER et le FPI afin de structurer le développement et l’exploitation de la future centrale. Cette société doit servir de véhicule au projet et faciliter l’organisation des financements, des travaux et de la future exploitation.
Kananga attend désormais le démarrage effectif des travaux
Mbombo est un projet anciennement annoncé dont l’exécution a connu plusieurs retards. Une première pierre avait déjà été posée en août 2023, sans que le chantier ne progresse ensuite au rythme attendu. Le dossier a été réorganisé autour de l’ANSER et du FPI, avec une révision de la puissance et du montage financier.
Les premières projections évoquaient une centrale de 12 MW. La configuration actuelle porte désormais l’installation à 20,08 MW, soit une capacité supérieure de plus de 8 MW à l’hypothèse initiale. Pour Kananga, cette production doit contribuer à réduire un déficit énergétique qui limite depuis plusieurs années l’activité des entreprises, des services publics et des ménages.
L’ANSER estime que les premiers bénéficiaires pourraient être alimentés environ 18 mois après le démarrage effectif des travaux. Cette échéance ne court donc pas à partir de l’annonce du marché ou de la signature du contrat, mais à compter de l’ouverture réelle du chantier.
L’impact économique attendu dépendra également de la capacité du projet à fournir une électricité régulière et à connecter effectivement les zones de consommation. Une augmentation de l’offre énergétique pourrait améliorer les conditions d’activité des PME, favoriser l’installation d’unités de transformation et réduire le recours à des solutions individuelles de production électrique plus coûteuses.
La prochaine étape observable sera ainsi la clôture du financement, suivie de l’ordre de démarrage et de la mobilisation du chantier. Après plusieurs années d’annonces autour de Mbombo, le véritable indicateur sera désormais la transformation des 192,588 millions USD de marché provisoire en une centrale de 20,08 MW effectivement construite et raccordée à Kananga.
— Peter MOYI








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