La République démocratique du Congo obtient un score de 0,5987 dans l’Indice de l’industrialisation en Afrique 2025 de la Banque africaine de développement. Elle se place au deuxième rang en Afrique centrale derrière le Gabon, crédité de 0,6021, et au 13ᵉ rang sur le continent.
La RDC figure parmi les économies africaines ayant enregistré une progression soutenue dans l’Indice de l’industrialisation en Afrique publié par la Banque africaine de développement. Avec 0,5987, le pays se situe juste derrière le Gabon, premier en Afrique centrale avec 0,6021. L’écart entre les deux économies n’est ainsi que de 0,0034 point, selon un calcul de Lepoint.cd à partir des résultats publiés.
Derrière la RDC viennent notamment la Guinée équatoriale avec 0,5767 et le Cameroun avec 0,5547 parmi les économies d’Afrique centrale mises en avant par African Business. À l’échelle continentale, la RDC occupe la 13ᵉ position, immédiatement derrière le Gabon, classé 12ᵉ.
L’édition 2025 de l’indice a été publiée en mai 2026 et évalue l’évolution de l’industrialisation des 54 pays africains entre 2010 et 2024. Le classement ne mesure donc pas uniquement la taille actuelle du secteur manufacturier. Il agrège 19 indicateurs portant notamment sur la performance manufacturière, les facteurs directs de production comme le capital et le travail, ainsi que l’environnement permettant à l’industrie de se développer.
La RDC parmi les pays ayant le plus progressé
La BAD identifie la RDC parmi les économies ayant réalisé les gains les plus importants dans le classement au cours de la période étudiée. L’institution explique cette progression par l’amélioration de plusieurs indicateurs de performance industrielle, notamment ceux liés à la valeur ajoutée de l’industrie.
Cette position intervient alors que la politique économique congolaise cherche à augmenter la transformation locale de matières premières qui sont encore largement exportées sous des formes peu ou partiellement transformées. Les investissements dans les mines, les cimenteries, la métallurgie, l’agro-industrie et certaines zones économiques spéciales contribuent à élargir progressivement la base productive, même si l’économie reste fortement dépendante du secteur extractif.
Le classement doit cependant être interprété au-delà de la seule production minière. Une économie riche en cuivre ou en cobalt n’est pas automatiquement une économie industrialisée. L’indice de la BAD cherche justement à mesurer la capacité d’un pays à transformer durablement ses ressources, développer des activités manufacturières, mobiliser des investissements productifs et améliorer les conditions nécessaires à la compétitivité industrielle.
La proximité entre la RDC et le Gabon est particulièrement significative. Avec seulement 0,0034 point d’écart, la hiérarchie régionale reste serrée. La Guinée équatoriale se situe environ 0,022 point derrière la RDC tandis que l’écart avec le Cameroun atteint près de 0,044 point, selon des calculs de Lepoint.cd à partir des scores publiés par African Business.
Un bon classement qui ne supprime pas les contraintes industrielles
Le résultat congolais intervient dans un contexte où l’industrialisation africaine progresse encore lentement. La BAD estime que la valeur ajoutée manufacturière du continent est passée de 285 milliards USD en 2020 à 351 milliards USD en 2025, mais l’Afrique représente toujours moins de 2 % de la production manufacturière mondiale et environ 1,4 % des exportations mondiales de produits manufacturés.
Sur l’ensemble du continent, 41 pays sur 54 ont amélioré leur score depuis 2010, tandis que la performance globale de l’Afrique a progressé d’environ 6 %. Le Maroc occupe désormais la première position, devant l’Afrique du Sud, après plusieurs années d’investissements dans l’automobile, les industries exportatrices et les chaînes de production intégrées.
Pour la RDC, la deuxième place régionale constitue donc davantage un indicateur de progression qu’un constat d’industrialisation achevée. Les contraintes liées à l’électricité, aux infrastructures de transport, au financement des entreprises, aux compétences techniques et à la transformation locale restent déterminantes pour convertir les gains de l’indice en capacités industrielles durables.
La prochaine étape sera de voir si les projets actuellement engagés dans les zones économiques spéciales, la transformation des minerais, l’agro-industrie, l’énergie et les corridors logistiques permettent à la RDC de dépasser le Gabon lors de la prochaine édition, mais surtout d’augmenter la part de produits réellement transformés sur son territoire.
— M. MASAMUNA








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