La production zambienne de cuivre n’a progressé que de 0,45 % au premier semestre 2026, à 447 182 tonnes. Malgré la reprise de Konkola et l’expansion de Kansanshi, Lusaka reste très loin du rythme nécessaire pour atteindre son objectif de 3 millions de tonnes par an en 2031. Pour les investisseurs du Copperbelt, l’écart avec la RDC devient difficile à ignorer.
La Zambie a produit exactement 447 181,93 tonnes de cuivre entre janvier et juin 2026, contre 445 176,59 tonnes un an auparavant, selon les données de son ministère des Mines relayées le 24 août par Shanghai Metals Market. La progression représente seulement 2 005 tonnes supplémentaires en six mois.
Ce résultat contraste avec les investissements engagés dans plusieurs grandes mines. Konkola Copper Mines a augmenté sa production de 21,43 %, portée par la recapitalisation, l’accélération du développement minier et une meilleure disponibilité des équipements. Kansanshi progresse de 2,44 %, soutenue par son extension S3, tandis que Lumwana et Lubambe enregistrent également une amélioration. Ces gains ont toutefois été absorbés en partie par les baisses de NFCA Mining, Chibuluma et Mopani, cette dernière ayant subi notamment un arrêt de maintenance au puits de Mindola.
Les contraintes énergétiques et industrielles restent également visibles. Le ministère zambien cite des difficultés d’approvisionnement en carburant et un manque d’acide sulfurique disponible localement pour certaines opérations. Le secteur doit parallèlement composer avec un réseau électrique qui reste déterminant pour tout scénario d’expansion rapide. Reuters estime que les projets nécessaires à l’objectif minier zambien pourraient exiger environ 2 000 MW de capacités électriques supplémentaires.
La RDC évolue déjà à une autre échelle
Le contraste avec le voisin congolais est frappant. En 2025, la RDC a expédié environ 3,4 millions de tonnes de cuivre, contre une production zambienne de 890 346 tonnes. Les deux indicateurs ne sont pas strictement identiques, puisqu’il s’agit d’exportations pour la RDC et de production minière pour la Zambie, mais ils donnent un ordre de grandeur du différentiel atteint entre les deux industries.
En 2026, l’écart reste visible. La RDC avait déjà exporté 823 887 tonnes de cuivre au seul premier trimestre, selon les données du ministère congolais des Mines citées par Reuters. Ce volume trimestriel est environ 84 % supérieur aux 447 182 tonnes produites par la Zambie pendant tout le premier semestre, selon un calcul de Lepoint.cd. Là encore, la comparaison porte sur deux mesures différentes, mais elle montre la différence d’échelle des flux.
Le défi zambien est désormais mathématique. Si le rythme du premier semestre était simplement reproduit, la production 2026 approcherait 894 000 tonnes, pratiquement le niveau de 2025 et moins du tiers de l’objectif de 3 millions de tonnes fixé pour 2031.
Pour les investisseurs, cette situation crée deux lectures. La RDC dispose aujourd’hui du volume, avec des géants comme TFM, Kisanfu, Kamoa-Kakula et Sicomines. La Zambie mise davantage sur une phase de rattrapage alimentée par de nouveaux capitaux, les extensions de Kansanshi et Lumwana et la relance de Konkola et Mopani.
La compétition entre les deux pays ne se jouera donc plus uniquement sur la richesse géologique. Électricité, accès ferroviaire, fiscalité, rapidité des permis et coût logistique détermineront où seront produites les prochaines centaines de milliers de tonnes du Copperbelt. C’est sur ces paramètres que la Zambie devra accélérer si elle veut commencer à réduire l’écart avec la RDC.
Peter MOYI









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