Café Kivu Congo a profité du DRC Investment Forum, le 27 août 2026 à Kinshasa, pour rechercher des financements destinés à moderniser son unité de traitement et de conditionnement. L’entreprise affirme travailler avec plus de 6 400 petits producteurs et veut simultanément accroître ses capacités de transformation et renforcer la traçabilité du café avant l’entrée en application des nouvelles exigences européennes anti-déforestation.
Le besoin présenté aux investisseurs porte d’abord sur l’outil industriel. Selon Aimé Byamungu Munganga, dirigeant de Café Kivu Congo, les équipements actuellement utilisés pour le traitement et le conditionnement doivent être renouvelés afin d’améliorer la qualité des opérations et d’augmenter les volumes pouvant être transformés.
« Nous disposons d’une unité de traitement et de conditionnement du café équipée de machines qui ne répondent plus aux normes actuelles », a-t-il expliqué en marge du forum, indiquant que l’entreprise recherche désormais les moyens financiers nécessaires pour moderniser l’installation.
Le site de Café Kivu Congo présente l’entreprise comme basée à Goma et active dans la transformation du café destiné notamment au commerce international. Il mentionne une capacité de traitement supérieure à deux tonnes par heure et des relations avec plusieurs acteurs de la filière, parmi lesquels des coopératives de producteurs et des organisations spécialisées dans la certification et le commerce du café. Ces données restent celles communiquées par l’entreprise.
6 400 producteurs face à la nouvelle exigence de traçabilité
L’enjeu dépasse les machines. Café Kivu Congo affirme encadrer plus de 6 400 producteurs regroupés en coopératives, auxquels elle fournit un accompagnement dans la production, la certification et la commercialisation. Ce chiffre n’a pas pu être confirmé indépendamment dans les documents publics consultés et reste donc attribué à l’entreprise.
Une partie du travail porte désormais sur la géolocalisation des plantations et la traçabilité des lots. Cette opération devient directement liée à l’accès au marché européen.
Le règlement de l’Union européenne sur les produits associés à la déforestation, ou EUDR, couvre notamment le café. À partir du 30 décembre 2026, les produits concernés mis sur le marché européen devront répondre aux exigences européennes en matière d’absence de déforestation et de légalité dans le pays de production. Le dispositif s’appuie notamment sur des informations permettant d’identifier l’origine géographique de la production.
Pour une filière composée de milliers de petits exploitants, cette obligation ajoute donc un besoin d’investissement qui ne concerne plus seulement les plantations. Elle implique également des systèmes de collecte de données, de cartographie, de certification, de contrôle des parcelles et de conservation des informations jusqu’à l’exportation.
« Il sera difficile de vendre sur le marché européen si le produit n’est pas traçable et certifié conforme à la nouvelle réglementation de l’Union européenne en matière de déforestation », a déclaré Aimé Byamungu Munganga.
Son parcours est également lié à SOPACDI, coopérative caféière du Sud-Kivu, où les documents professionnels disponibles l’identifient comme responsable de la production et de la logistique. Une ancienne documentation de la filière le présente sous le nom complet Aimé Byamungu Munganga.
Le financement devient le deuxième verrou après la production
Café Kivu Congo demande désormais un mécanisme permettant de réduire le risque supporté par les banques lorsqu’elles financent des PME agricoles. L’entreprise n’a annoncé ni montant recherché, ni banque partenaire, ni accord de financement déjà obtenu au DRC Investment Forum.
Son dirigeant souhaite notamment que l’État facilite l’accès à une garantie bancaire. La RDC dispose déjà du Fonds de garantie de l’entrepreneuriat au Congo, FOGEC, créé pour faciliter et garantir l’accès des startups, micro, petites et moyennes entreprises aux financements accordés par les banques commerciales et les institutions financières. Aucun élément public consulté n’établit cependant que Café Kivu Congo ait déjà introduit une demande auprès du FOGEC ou qu’une garantie lui ait été accordée.
Le dossier présenté à Kinshasa réunit ainsi trois besoins qui conditionnent la compétitivité du café congolais. Produire davantage ne suffit plus. Il faut pouvoir traiter le café avec des équipements adaptés, documenter son origine jusqu’à la parcelle et financer les investissements nécessaires avant d’accéder aux marchés les plus exigeants.
Pour Café Kivu Congo, le prochain indicateur sera donc concret. Il faudra mesurer le montant effectivement mobilisé après le forum, les nouvelles capacités installées dans l’usine et la proportion des producteurs accompagnés dont les parcelles auront été géolocalisées avant l’application des nouvelles règles européennes.
Noella NGOLA









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